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Le président du mouvement Agir a dénoncé la détention par des membres de l’Apr d’informations sur le fichier électoral. Ce qui, selon lui, permet au camp du candidat Macky Sall de connaître ses parrains et ceux de ses opposants. Il estime que cela pourrait conduire à l’invalidation des candidatures. Pour régler cette situation, M. Bocoum a demandé aux opposants, candidats à la candidature pour l’élection présidentielle, de déposer leurs parrainages avant le Président Sall.

Les candidats à la candidature pour l’élection présidentielle devraient déposer leurs parrainages avant Macky Sall s’ils ne veulent pas que leurs candidatures soient invalidées. C’est l’alerte lancée il y a quelques jours par le président du mouvement Alliance générationnelle pour les intérêts de la République (Agir). En conférence de presse, Thierno Bocoum qui annonçait par la même occasion avoir atteint le seuil minimum de parrainage avec 57 mille 235 signatures, compte tenu de l’exigence de la loi, avec 2000 parrains dans 7 régions, a informé que «sous n’importe quel prétexte, des candidatures vont être invalidées». Pour lui, l’explication est simple : sur le terrain, souligne-t-il, ses camarades de parti et lui sont «tombés sur des membres de l’Apr qui détenaient par-devers eux des informations sur le fichier électoral».
Poursuivant ses explications, il a soutenu que dans le document en question, il y a «le nom des personnes sur la liste, leur numéro de carte d’électeur, de carte Cedeao». Interprétant cette situation, le président d’Agir a souligné que ces membres de l’Apr «n’ont pas besoin d’aller vers les gens, ils ont la liste et des fiches». D’ailleurs, pour lui c’est ce qui explique qu’en une journée, ils disent avoir obtenu «40 mille signatures». Ce qui, d’après Thierno Bocoum, est impossible vu que «même si on avait regroupé 40 mille personnes dans un stade», on ne peut pas les faire signer tous en une journée.
Ce qui lui fait dire que : «En dehors de leurs propres parrains, ils ont nos parrains, parce qu’ils vont à la source prendre les données personnelles des électeurs pour les mettre dans les fiches.» Une situation qui, selon lui, va conduire à coup sûr à l’élimination de certains candidats parce qu’il n’y aura pas d’enquête sur le déroulement du parrainage. «S’il y a des problèmes, vous pensez qu’on va regrouper plus de 100 mille personnes pour leur demander est-ce que c’est ça votre signature», s’est-il interrogé. Convaincu que le régime de Macky Sall ne veut pas organiser des élections libres et transparentes, le président du mouvement Agir informe qu’ils vont se battre jusqu’au bout. Thierno Bocoum ajoutera même qu’ils se battront en plus pour que Aly Ngouille Ndiaye n’organise pas les élections. «Pourquoi devons-nous accepter qu’un partisan qui siège au secrétariat exécutif de l’Apr organise les élections ?», a-t-il dénoncé.
Se prononçant sur les tensions budgétaires, le leader d’Agir a souligné que ce n’est pas une affaire «technique, mais factuelle». Selon lui, le fait que les Instituts privés d’enseignement supérieur réclament leur argent, que des restaurants universitaires soient fermés, renseigne sur l’état de la situation budgétaire du pays. Pour M. Bocoum, «le régime est atteint de la paranoïa du second mandat» parce qu’il «veut tout accomplir en fin de mandat sans tenir compte des recettes de notre pays, des exigences quotidiennes, de ses charges quotidiennes». Cette attitude, souligne-t-il, dénote d’«une absence de vision». Il critique : «On gère pour un mandat, pour deux mandats, on ne gère pas pour la postérité.»
Dénonçant aussi le coût élevé des infrastructures comme le Ter ou l’autoroute à péage, «les plus chères au monde», M. Bocoum veut relever le défi pour que l’intérêt de la Nation soit au-dessus de tout. Se sentant visé par les critiques de Ousmane Tanor Dieng, selon lesquelles les opposants au Président Sall n’ont pas d’expérience pour diriger ce pays, Thierno Bocoum rétorque que le Sénégal n’a pas besoin de cette expérience. «Si c’est cette forme d’expérience dont on nous parle, nous n’en voulons pas, le pays n’en a pas besoin. Nous avons besoin de patriotes, de personnes qui travaillent pour l’intérêt de leur population», a-t-il lancé.
dkane@lequotidien.sn

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