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Comment éviter aux jeunes filles de gober des grossesses indésirées et/ou de quitter l’école du fait du confinement partiel et des longues vacances scolaires causées par la prévalence du Covid-19 ? C’est la réflexion qu’a suscitée l’Ong grandmother project (Gmp-changement par la culture) qui a mis ensemble des jeunes filles, des mères et des grands-mères de la commune de Némataba.

L’Ong Grandmother project (Gmp-changement par la culture), en collaboration avec l’ambassade des Pays-Bas et Trust Africa, a impulsé la mise en place, dans les communes de Kandia et de Némataba (toutes frontalières à la Gambie), une coalition de 3 générations de femmes pour protéger les filles en général, les préserver, particulièrement des conséquences négatives probables du confinement et de l’arrêt des cours du fait de la survenue du Covid-19 : la forte probabilité pour elles de gober une grossesse ou de ne plus avoir envie de retourner en classe. Après Saré Diaobé dans la commune de Kandia, lundi 13 juillet passé, un forum a réuni dans le village de Koulandiala (commune de Némataba), vendredi 17 et samedi 18 juillet, femmes en âge de procréer, jeunes filles et grands-mères et notables pour réfléchir sur des actions à mener afin d’éviter que la nouvelle pandémie mondiale soit à l’origine de grossesses d’enfants et d’abandons scolaires. «L’oisiveté étant la mère de tous les vices, les filles, élèves et étudiantes, n’étant plus obligées à revoir leurs leçons la nuit ont renoué avec les sorties nocturnes», ont constaté les vieilles mères de la commune de Némataba. Toutes choses qui peuvent encourager les parents à leur donner précocement en mariage pour éviter des gros­sesses hors norme sociale. Selon Mariama Kandé, assistante en développement communautaire à Gmp-changement par la culture, l’objectif du forum est de «renforcer la communication, la concertation entre les différentes générations de femmes et de les inviter à identifier des activités concrètes pour protéger les filles contre les mariages et grossesses précoces et l’abandon scolaire en cette période de pandémie du coronavirus qui est à l’origine de l’arrêt de maintes activités sociales et professionnelles». Les filles étaient à l’aise samedi passé à Koulandiala pour exprimer, devant leurs mamans et grands-mères, dans des ateliers, les contraintes à leur scolarisation et à leur épanouissement. Tacko Baldé, élève en classe de 6ème au Collège d’enseignement moyen de Némataba, a listé : «Les travaux domestiques et champêtres constituent un frein à l’apprentissage correct des leçons, le manque de suivi à la maison par les parents ou aînés, les mariages précoces et les soirées folkloriques.» Contre ces contraintes, le forum a proposé des antidotes. Il s’agit notamment : «Organiser des séances de discussion entre paires pour parler de l’importance d’une scolarisation poussée, des méfaits des grossesses précoces, de l’importance de s’abstenir de toute relation amoureuse jusqu’au mariage etc.» Aux parents, le forum a sollicité «plus d’attention et de soutien aux études des filles, plus de surveillance et de protection à la maison et de s’abstenir de donner en mariage contre la volonté de la fille».

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