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Le pétrole et le gaz du Sénégal font saliver. Et pour ne pas être exclus de ce banquet, les assureurs du pays s’organisent. Au nom du contenu local, ils viennent de mettre en place un Pool de co-assurance des risques pétroliers, gaziers et miniers. Selon le président du comité technique de ce Pool, M. Adama Ndiaye, entre 30 et 40 milliards seront nécessaires en 2019 pour assurer les blocs de Grand tortue et de Sangomar profond.

Les ressources en pétrole et gaz du Sénégal vont générer énormément de richesses. Des richesses qui aiguisent les appétits de tous bords. Au nom de la préférence nationale et du contenu local, les assureurs sénégalais ne veulent pas être exclus de ce banquet. Ainsi, les 29 sociétés d’assurance du pays viennent de se constituer en un Pool de co-assurance des risques pétroliers, gaziers et miniers. La structure qui a vu le jour hier à la suite d’une Assemblée générale de l’Association des assureurs sénégalais (Aas) aura à sa tête un comité technique présidé par M. Adama Ndiaye. Selon l’expert, même si à l’heure actuelle il est particulièrement difficile de chiffrer le potentiel assuranciel, les premières estimations avoisinent les 30 ou 40 milliards de francs Cfa de primes d’assurance sur les risques pétroliers. «Concernant les blocs de Grand tortue et Sangomar profond, pour l’année 2019, le potentiel assurance pourrait tourner entre 30 et 40 milliards de francs Cfa sur le risque pétrolier. Etant entendu que les explorations vont se poursuivre bloc par bloc, le potentiel pourra monter en puissance si les découvertes sont intéressantes ou régresser si c’est moins intéressant», a indiqué M. Ndiaye qui faisait face à la presse à l’issue de l’Assemblée générale constitutive du pool. Selon M. l’assureur, des assureurs du continent ont déjà eu à prendre en charge un sinistre de 300 milliards de francs Cfa dans le secteur pétrolier, preuve que le Pool d’assureurs a les moyens financiers de faire face à ces risques. «Avec la mise en œuvre de ce pool, le marché sénégalais parle d’une seule voix», a assuré M. Ndiaye qui a précisé que le regroupement va représenter les intérêts de toutes les compagnies, centraliser, négocier et renforcer les capacités de ses membres.

Deal dans le pétrole sénégalais
Il y a quelques jours, le site Financial Afrik faisait état d’un «gros deal» dans le pétrole sénégalais. Le journal déclarait qu’une «compagnie de la place, faisant cavalier seul, aurait signé un contrat de 15 milliards de francs Cfa avec Kosmos energy et British petroleum». La réaction des assureurs ne s’était pas fait attendre. Des correspondances ont été envoyées à qui de droit, assure M. Adama Ndiaye. Il s’agit du ministre de l’Economie, des finances et du plan et de la Société nationale de réassurance (Sen Re) qui bénéfice de prérogatives de puissance publique et qui doit être intéressée à hauteur de 16,5% au moins sur toutes les affaires du marché sénégalais dans le cadre d’une mutualisation verticale, souligne M. Ndiaye. «Il y a eu un séminaire qui s’est tenu les 28 et 29 juin et qui a eu l’idée de créer un pool. Ce dernier vient d’être porté sur les fonts baptismaux. En attendant, il y a peut-être une zone grise autour de laquelle, comme toutes les sociétés, les entreprises ont cherché des affaires et essayé de les fructifier. Quelle est l’entreprise qui est partie chercher ? On ne la connaît pas, mais comme la presse en a parlé et nous savons que les capitaux sont importants, nous disons que, d’un point de vue technique, il y a un mécanisme de mutualisation horizontale qu’on appelle la co-assurance, consistant pour une société qui a un risque dit majeur ou important, de recourir à la mutualisation verticale qu’on appelle la réassurance, d’intéresser les autres acteurs du marché avec qui elle va avoir des affinités pour que l’essentiel des primes restent au marché. Nous avons donc estimé que si la pratique citée dans cet article était avérée, ce serait un coup dur pour nous parce que ce mécanisme de mutualisation horizontale n’aurait pas joué et qu’il n’y aurait pas eu de solidarité. On s’est réuni à la fédération et on a adressé des demandes d’information à qui de droit. La première à l’autorité de tutelle, le ministre de l’Economie, des finances et du plan parce qu’en conformité avec la règlementation, on ne peut pas placer sur des marchés offshore si on n’a pas respecté les mécanismes qui sont prévus par le règlement d’application de la Cima». Selon M. Ndiaye, si les informations livrées par Financial Afrik s’avéraient vraies, il reviendrait au comité d’éthique et de déontologie de l’Association des assureurs de punir le contrevenant.

mamewoury@lequotidien.sn

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