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Présent lors des assises du Mfdc, organisées par son aile politique Asaninga, le président du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (Grpc) voit un avenir moins bouché en Casamance. «Quand je dis que la guerre est finie, c’est la guerre des fusils et de la violence. La guerre qui est loin d’être finie, c’est celle du développement de la Casamance. Cette guerre pour la paix», précise-t-il. C’est le principal enjeu pour cette région qui brille de ressources qui n’ont pas été totalement exploitées. En attendant, il faut encore des préalables pour conduire la guerre pour le développement économique et social de la Casamance. «Mais pour qu’il y ait la paix, il faut d’abord se pardonner. Et la paix c’est d’abord dans les foyers, au sein des communautés, dans les villages, dans toute la région de la Casamance naturelle et un peu partout», insiste Robert Sagna. Quid du développement de la Casamance et notamment de la Zone des Palmiers ? «Le développement fait partie de la recherche de la paix. Et cela commence à être visible un peu partout ces trois dernières années. Et ce, à travers les forages, les dispensaires, les écoles, l’électricité. Mais il faut que le Mfdc, les populations locales qui aspirent à ce développement soient conséquents dans leur démarche», conseille l’ancien maire de Ziguinchor. Et il y a encore des préalables à remplir et des contraintes à surmonter. «Si vous voulez travailler avec nous dans la vérité, il faut aussi se dire la vérité. Il n’y a pas une région plus nantie que la nôtre. Et pourquoi donc nous sommes en retard dans le cadre du développement ? Rien ne peut se faire, se réaliser dans la violence», dit-il. Malgré l’accalmie, les enjeux sécuritaires sont toujours énormes. «Il y a deux ou trois voitures d’entreprise venues travailler ici qui ont disparu dans la nature. Et on ignore toujours les responsables de ces agissements, mais aussi la position de ces véhicules dérobés à ces entreprises. Chose qui a poussé ces entreprises à arrêter leurs actions dans ces contrées», clame Robert Sagna. A ses yeux, ces entreprises ne prendront pas ces risques. «S’il est vrai que vous avez besoin d’infrastructures socioéconomiques et de base, et d’intrants agricoles, nous sommes d’accord pour que tout cela se matérialise. Mais il faut nous dire concrètement ce que vous voulez, car il faut être conséquent dans ce que nous voulons. Aidez-nous à vous aider, car si vous populations et Mfdc voulez que ces voitures reviennent à leurs propriétaires cela va se faire ! Mais personne ne voit toujours ces voitures et cela n’est pas encourageant. Il faut donc arrêter la guerre et aller vers la paix et le développement», avance M. Sagna.

Un programme d’insertion et réinsertion pour les démobilisés
Aujourd’hui, l’heure est à l’achèvement de la paix. «Nos frères qui sont dans le maquis aiment la Casamance et sont conséquents dans leur démarche, car s’ils n’aimaient pas leur région ils n’allaient pas prendre les armes pour faire la guerre. Mais s’ils croient en leur cause, qu’ils sachent également que la solution ce n’est pas la guerre», avertit Robert Sagna. Le président du Grpc renchérit. «Et je crois que le moment est venu de s’arrêter. Près de 40 ans de conflit armé, c’est beaucoup.»
Face aux acteurs «politiques» du Mfdc, Robert Sagna tente de jouer ce rôle d’entremetteur. «Nous sommes là en tant que facilitateur. Si vous avez des choses à dire au Président Macky Sall, nous les lui transmettrons», a-t-il lancé. «Les jeunes qui veulent rentrer dans leur village et qui construisent leur case, nous sommes prêts à leur fournir des tôles et à leur donner une prime d’argent pour les accompagner», informe-t-il. Selon lui, 21 personnes ont bénéficié de ce programme et une liste d’autres demandeurs est en cours. «Je pense qu’après l’hivernage ce programme va se poursuivre pour ces personnes qui ont réellement la volonté de réintégrer leur village. Et je les encourage», rassure Robert Sagna. En revanche, il précise qu’il n’est pas là pour une opération de débauchage du maquis. «C’est ceux-là qui demandent et qui sont des volontaires qui formulent des requêtes et des demandes. Nous on les assiste», rassure-t-il.

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