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La ville de Bargny vit difficilement ces derniers jours du mois de ramadan avec une chaleur allant crescendo, annonçant l’été combinée à un manque d’eau depuis quelques jours. Ce qui plonge la ville du maire Abou Seck dans une situation de récrimination et de lamentation profonde vis-à-vis de la Sde. De Ndaldaly à Santhioub Gueth, en passant par Ngoudeu ou Mbott, le décor est le même. Des femmes, bassines et gourdes sur la tête, font les coins et recoins de la ville à la recherche d’une eau qui se fait rare depuis le week-end. A Bargny, on scrute les moindres caprices du robinet faits de sifflements et sorties d’air à la place de l’eau depuis 96 heures.
En dépit d’un faux-semblant de remise en service du liquide précieux hier vers 12 heures dans certains quartiers dont Ndiol­mane, l’eau a encore disparu moins de trois heures après. Ce qui place Bargny dans une posture difficile en cette période de diète. «Ce sont mes filles qui vont de quartier en quartier pour nous trouver de l’eau et le plus souvent elles font plus de quatre heures de temps avant de revenir à la maison», a laissé entendre une mère de famille, vivant dans un quartier du rivage. «L’eau est vite repartie. Les robinets sont encore fermés», a posté le blogueur Moussa quelques heures après avoir annoncé le retour du liquide précieux par un post antérieur. Agacé par cette situation, Pouye en appelle à une marche de la population pour se faire entendre des autorités. «Rendez-vous demain (aujourd’hui) devant la Sde si l’eau ne revient pas», a-t-il annoncé, courroucé. Pour Saloum Sané, habitant du quartier Finkone, prendre une douche en cette période est juste impensable. «Le peu d’eau dont on dispose sert aux super-priorités comme préparer le repas», a-t-il fait savoir. Pourtant, c’est dans ces quartiers situés derrière les rails que la situation est nettement meilleure. «Avec les citernes en provenance du camp militaire et d’autres venant de la Sococim, les populations de la zone sont bien servies en cette période de manque d’eau», a dit un habitant de la zone. «Des scènes de bousculade interviennent malheureusement pendant que les citernes s’activent à soulager les populations», regrette-t-il, tout en disant comprendre la réaction provoquée par le manque d’eau. «Avec la faim, on se fâche assez vite et si vous combinez cela au manque d’eau tellement irritable, il devient facile de disjoncter», a poursuivi notre interlocuteur. Le seul souhait de ces populations, c’est le retour à la normale de la situation. «Notre colère contre la centrale à charbon ne s’est toujours pas dissipée ; donc qu’ils n’ouvrent pas un autre front avec l’eau. Ce serait un vrai désastre pour nous du parti au pouvoir», a averti un conseiller municipal sous le couvert de l’anonymat.
abndiaye@lequotidien.sn

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