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Le 15 novembre 2018, l’Angleterre de Southgate rencontre le «Team Usa» dans le mythique stade de Wembley. C’est un match amical donc sans enjeu et peut être même sans grand intérêt au moment où se joue la Ligue des Nations en Europe avec un sulfureux Espagne-Croatie (2-2) et se prépare en Afrique dans le cadre des éliminatoires de la Can 2019 un Guinée/Côte-d’Ivoire (1-1).
On aurait pu donc se passer d’un article sur ce non-événement de Wembley et faire place nette au match Hollande-France (2-0).
Alors ce qui rend ce match de Angleterre/Etats-Unis digne d’intérêt ce n’est pas le mythique Wembley hôte de la confrontation entre deux alliés historiques dont l’un a ouvert une brèche dans le «Pacte d’Hellène» et l’autre en hibernation sous le nouvel «isolationnisme» de Trump, ni la décision de reverser les fonds récoltés a l’enfance défavorisée ni la géopolitique en Europe dominée par les négociations sur le «Brexit» qui secouent la Couronne britannique, bien qu’à elles toutes seules, ces considérations auraient pu servir de «leçons de choses» à tous les dirigeants qui, trop obnubilés par le résultat immédiat, en oublient de croiser le fer aux Jeux Olympi­ques de la magnanimité et du respect mutuel entre les pratiquants et leur encadrement.
Alors quoi donc de plus important pour que la «Planète foot» jette des «yeux de Chimène» sur ce match amical entre Anglais et Américains ?
C’est la décision de la Fédération anglaise de rendre hommage à Wayne Rooney qui sortira, pour cette unique occasion, de sa retraite internationale et qui devrait entrer en cours de jeu affublé du mythique numéro 10 pour sa 120ème sélection afin de recevoir les acclamations qu’il mérite d’un public témoin de ses hauts faits d’arme au sein des «Three Lions» et de Manchester United.
Quelle élégance de la part de Fédération anglaise et de l’entraineur Southgate alors même qu’ici chez nous, un certain Henry Camara est à la recherche de sa centième (100e) sélection depuis une décennie et pendant ce temps les «Lions» ont joué des matchs sans enjeu, sans qu’un instant on se soit interrogé sur l’élégance de donner à «Sir Henry» cette ultime ovation mille fois méritée.
Rooney c’est 120 sélections, 53 buts en plus de dix ans avec les «Three Lions», quatre «Euros», trois Coupe du monde avec deux quarts de finale Coupe d’Europe des Nations (2004, 2012), et un quart de finale en Coupe du monde 2006.
Le parallèle est saisissant car face à ce palmarès notre «Henry national» ne fera aucun complexe avec 99 sélections, 31 buts, quatre «Can» agrémentées de deux quarts de finale (2000,2004), une finale (2002) et une demi-finale (2006) le tout couronné par un extraordinaire parcours en Coupe du monde 2002 dont il fut le principal artisan entrant dans l’histoire du football avec ce «but en or» contre la Suède qualifiant les «Lions» pour les quarts de finale.
Alors «Sir Henry» ou «le Lapin flingueur» n’a rien à envier à Rooney sauf que d’évoluer dans deux univers différents du point de vue de la conception du football et des rapports avec les pratiquants.
D’ailleurs la Grande Bretagne, berceau du football, est coutumière de ces gestes de noblesse qui donnent au football toute sa dimension humaine au-delà des confrontations sans merci sur le gazon.
Ainsi, plusieurs grands footballeurs ont été «anoblis» notamment Sir Stanley Matthews «le Magicien du dribble», premier Ballon d’Or qui joua jusqu’à 50 ans et dont Pelé disait : «C’est l’homme qui nous a enseigné le football tel qu’il devait être joué.» Sir Bobby Charlton, le «Gentleman» miraculé de l’accident d’avion de Munich de l’équipe de Man­chester en 1958, vainqueur de la Coupe du monde de 1966 et Ballon d’Or européen. Sir Geoff Hurst premier footballeur à inscrire un triplé en finale de Coupe du monde et auteur du but controversé contre l’Allema­gne en 1966. Sir Matt Busby, considéré comme le plus grand manager de tous les temps avant Sir Alex Fergusson qui le surpassa en longévité et en palmarès à la tête de Manchester United.
Ainsi pour notre football en quête de sacre à une «Can», à défaut d’anoblir notre «Henry national», tous les sportifs de cœur souhaitent que si les choses se passent comme prévu dans les éliminatoires de «Can 2019», qu’il lui soit donné l’occasion de savourer sa centième sélection dans son pays, dans un match sans enjeu contre Mada­gascar, en mars 2019. Ce geste pourrait même transformer une rencontre sans enjeu en match de gala.
Colonel (er) Mamadou ADJE
Fan de foot

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