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Le Premier ministre britannique avait déjà agité cette menace si les parlementaires rejetaient son calendrier sur l’accord de Brexit.

Les choses pourraient bien s’accélérer au Royaume-Uni. Alors que la perspective d’un Brexit au 31 octobre semble s’éloigner, le Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé hier à la tenue d’élections législatives anticipées le 12 décembre en vue de sortir le Brexit de l’impasse, un scrutin qui doit encore recevoir le soutien de l’opposition travailliste. Si le Parlement «veut plus de temps pour étudier» l’accord du Brexit qu’il a conclu avec Bruxelles, «ils (les députés, Ndlr) peuvent l’avoir, mais ils doivent approuver des élections législatives le 12 dé­cem­bre», a-t-il déclaré dans un entretien avec la Bbc, à une semaine de la date prévue pour la sortie de l’Ue.
Boris Johnson a été contraint de demander un report du Brexit de trois mois à l’Ue. Les dirigeants européens doivent donner leur réponse dans les jours qui viennent. Selon la future présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la probabilité que l’Union européenne accepte un nouveau report de la date du départ du Royaume-Uni «semble très bonne». Peu après l’appel à des élections de Boris Johnson, le Parlement a approuvé par 310 voix (294 contre) son programme de politique générale, exposé dans le discours de la reine Elizabeth II le 14 octobre. Le dirigeant conservateur a pourtant perdu la majorité absolue au fil des semaines, après avoir expulsé une vingtaine de députés qui avaient voté contre lui et perdu le soutien du petit parti unioniste Dup, opposé à son accord de Brexit.

«Cauchemar»
Boris Johnson a également reproduit sur son compte Twitter une lettre au chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn dans laquelle il plaide pour l’organisation d’élections afin de sortir de l’impasse, rappelant au chef du Labour qu’il a plusieurs fois affirmé qu’il appuierait la tenue de Légis­latives anticipées une fois qu’un report aurait été accordé par l’Union européenne. «Il est de notre devoir de mettre fin à ce cauchemar et de procurer au pays une solution aussitôt que ce sera raisonnablement possible», écrit le Premier ministre britannique. «Ce Parlement a refusé de prendre des décisions. Il ne peut pas refuser de laisser les électeurs le remplacer par un Parlement qui peut prendre des décisions», a-t-il ajouté dans cette lettre.
Le Labour «soutiendra des élections une fois que la possibilité d’une sortie sans accord de l’Ue sera écartée et si le report le permet», a répliqué la députée travailliste Valerie Vaz devant le Parlement. Le Royaume-Uni, qui s’est prononcé par Référendum en juin 2016 pour une sortie de l’Ue, devait initialement en partir le 29 mars, une date déjà repoussée à deux reprises (au 12 avril, puis au 31 octobre).
Les députés ont approuvé mardi le principe de l’accord de Boris Johnson, mais se sont prononcés contre le calendrier d’examen accéléré proposé par le Premier ministre. Ce dernier avait alors annoncé qu’il suspendait l’examen de l’accord par le Parlement jusqu’à ce que l’Union européenne prenne une décision sur un report de la date du divorce – un report auquel il est personnellement opposé. Les derniers sondages donnent aux Conservateurs dix points d’avance sur les Travaillistes (35% contre 25%) en cas de Légis­latives anticipées.
lepoint.fr

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