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Yassarou Diallo, bailleur du Conseil départemental de Rufisque, réclame à cette institution décentralisée, la somme de 97 millions de francs Cfa, qui représente à ses yeux 33 mois d’arriérés de location.

Le Conseil départemental a quitté le siège qu’il occupait depuis son installation pour un autre local  laissant derrière lui un propriétaire dans le désarroi total. Yassarou Diallo, puisque c’et de lui qu’il s’agit, court après 33 mois de location que lui doit l’institution. «Rien que le terrain m’a couté 70 millions sans compter les frais de terrassement ainsi que la construction du bâtiment. Un bâtiment neuf que le Conseil départemental a été le premier à occuper depuis 2014. On avait convenu d’un loyer mensuel de 2 millions 500 mille francs. En 2014, ils ont payé 4 mois et en 2015 8 mois ; depuis lors ils n’ont plus rien donné. Le Conseil départemental me doit à ce jour, 97 millions francs Cfa Ttc», a regretté lundi dernier le propriétaire qui se dit être assailli par ses créanciers. «Tout le monde sait comment les institutions financières sont exigeantes. J’ai contracté des crédits auprès de banques et autres partenaires pour pouvoir construire le bâtiment et aujourd’hui  j’ai de réelles difficultés pour honorer mes engagements vis-à-vis de ces derniers», s’est plaint M. Diallo qui refuse pour autant d’abdiquer.
L’investisseur malheureux a depuis lors en effet fait des pieds et des mains pour rentrer dans ses fonds sans pour autant obtenir gain de cause. «J’ai envoyé des correspondances au président de la République à deux reprises pour son arbitrage, j’ai écrit au Premier ministre, au préfet du département et malheureusement toutes sont restées sans suite. Ce qui se passe c’est un coup de force inacceptable que l’on veut me faire subir. J’ai même fait appel à un huissier mais il m’a fait savoir que le Conseil départemental est un démembrement de l’Etat et qu’à ce titre il ne m’est pas possible de le poursuivre en justice», a déploré Yassarou Diallo qui ne demande qu’une chose : rentrer dans son dû.

«Reconnaissance» de dette
Dans un document du Conseil départemental qu’il nous a présenté, l’institution affirme avoir quitté l’immeuble de Diallo après avoir reçu de l’Etat un autre bâtiment pour son siège. Dans ledit document qui met fin au contrat à la date du 31 mai 2018, l’institution dirigée par le député Souleymane reconnait devoir les «97 millions» au propriétaire. Cependant, aucune précision n’a été faite sur les échéances et modalités de paiement de l’ardoise. «Le président Souley­mane Ndoye m’a dit que l’argent du Conseil départemental suffit à peine pour payer les salaires des travailleurs et que je serai payé s’ils ont de l’argent supplémentaire», a poursuivi dépité M. Diallo.
«Tout ce que je veux c’est mon argent pour pouvoir amortir mon investissement. J’indexe à ce titre  l’Etat puisque le Conseil départemental est un démembrement de l’Etat et c’est juste parce  fait qu’il a pu occuper mon bâtiment pendant 33 mois sans payer le moindre sou», s’est convaincu Yassarou Diallo qui ne veut point se résigner.
abndiaye@lequotidien.sn

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