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A ceux qui, comme le député Ousmane Sonko, sont montés au créneau pour le retour de la peine de mort dans le Code pénal, le ministre de la Justice demande de ne pas «céder à l’émotion». En visite hier au domicile des parents du petit Serigne Fallou Diop pour présenter ses condoléances, Ismaïla Madior Fall n’a pas en fait trouvé en la peine capitale la meilleure réponse face aux meurtres et rapts d’enfants qui secouent le pays. «Il n’est pas sûr que la peine de mort soit la meilleure réponse pénale. Il faut essayer de très bien comprendre le problème, d’en circonscrire les causes et de voir la réponse la plus appropriée. Ce n’est pas uniquement une réponse pénale, mais multidimensionnelle», a-t-il ainsi étalé, écartant pour notre pays «cité en exemple» cette sentence abolie depuis 2004 et aussi «en voix d’abolition dans le monde».
Dans le sillage des ministres Aly Ngouille Ndiaye et Omar Guèye qui l’ont précédé au domicile mortuaire, Pr Fall a réitéré l’engagement du gouvernement d’aller jusqu’au bout pour élucider ce crime crapuleux. «J’ai pris ici l’engagement que toutes les mesures seront prises pour que le ou les auteurs de ce crime soi(en)t traqué(s), trouvé(s), jugé(s) et condamné(s) par la loi. Il n’y a aucun doute sur l’action de fermeté du gouvernement et de l’Etat face à des crimes pareils en général et face et ce crime en particulier», a-t-il déclaré avec force conviction. «Les enquêtes sont suivies de très près par le ministère de l’Intérieur, mais aussi par le ministère de la Justice (…) Nous suivons de près. Et sur cette affaire et les affaires similaires, les engagements sont fermes et que ce qui va être fait le sera», a-t-il par ailleurs révélé pour signifier l’importance accordée au dossier. Le garde des Sceaux s’est dit aussi porteur «d’instructions fermes» de la part du Président Macky Sall en guise de réponses policière et judiciaire pour mieux faire face à ce problème et de manière plus générale à l’insécurité. «La première réponse est policière, c’est-à-dire renforcer la sécurité des personnes dans la banlieue de façon générale et dans les quartiers de Rufisque. Ici à Gouye Mouride, il a été donné des instructions pour qu’un poste de police soit ouvert et que les éléments qui sont au niveau du commissariat de police de Rufisque soient renforcés», a-t-il dit. Il a aussi annoncé comme deuxième instruction la mise en place à Rufisque d’un «Tribunal de grande instance qui puisse jugé dans la diligence les affaires en matière criminelle dans le département de Rufisque».
Le ministre s’est toutefois abstenu d’avancer la moindre date pour la mise en service de ces instructions présidentielles. Tout au plus, a-t-il fait état en troisième point de la nécessité d’une réponse sociale. «Il est nécessaire que les populations collaborent, qu’elles puissent signaler à la police tout individu suspect ou susceptible de créer des problèmes ou d’être à l’origine de crime de cette nature. C’est un appel qui est lancé aux populations pour une collaboration franche. La conception que nous devons avoir de la sécurité c’est qu’elle est globale», a-t-il ainsi exhorté.
abndiaye@lequotidien.sn

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