PARTAGER

Ils ont été des centaines à se rassembler samedi au terrain de football de Dangou (Rufisque Nord) pour afficher toute leur détermination à ne pas céder. Eux, ce sont les habitants du quartier Dangou Nord dont le terrain de football a été cédé par bail à une coopérative d’habitat d’émigrés. «Ce terrain, on l’a occupé depuis des décennies. De nos grands-parents à aujourd’hui, on l’a mis en valeur et entretenu depuis lors. On a enclenché une procédure à partir de 1992 et avons eu à recevoir des avis favorables et depuis lors les autorités font traîner le dossier. A notre grande surprise, la coopérative des émigrés d’Afrique s’est présentée avec un bail de complaisance. Nous ne l’accepterons pas parce que ce terrain ne peut être attribué à une entité autre que l’Asc Lébougui», a pesté Massamba Guèye, président de l’Asc du quartier installé sur les lieux depuis 1904. «Nous avons des projets d’intérêt public à réaliser sur le site qui se trouve être désormais le seul espace dans la commune de Rufisque Nord ; donc il est illogique de vouloir l’attribuer à une coopérative dont les intérêts sont purement financiers et d’utilité privée au détriment des autochtones», a-t-il poursuivi avec force. Pour Adama Sarr, président du Collectif pour la sauvegarde du terrain Dangou, ce sont des fonctionnaires véreux qui travaillent pour déposséder l’Asc du terrain. «Ces gens-là ne travaillent pas pour le Président Macky Sall. Depuis des années, aucun des directeurs des Domaines qui se sont succédé à Rufisque n’a voulu nous recevoir malgré nos demandes en ce sens. Ils sont en train de braquer les populations contre lui, car on ne peut pas comprendre que la priorité puisse être accordée à une coopérative d’habitat alors que nos projets sont d’utilité publique et que notre dossier soit antérieur de loin», a assuré le président. Il alerte. «L’autre jour, une équipe de sondeurs envoyée par la coopérative était venue. Et en un temps très court, plus de deux cent personnes sont sorties. Il a fallu du tact pour retenir les habitants ; nous ne voulons pas qu’il y ait mort d’homme pour que les autorités réagissent», a avisé M. Sarr, informant que le terrain s’étend sur 3 hectares. «Nous privilégions l’argument de la diplomatie plutôt que celui de la force ; donc nous appelons les autorités à réagir face à cette situation», a-t-il préconisé, interpellant ainsi le ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall, informé par «voie épistolaire» de la situation, le président du Conseil départemental Souley­mane Ndoye, le grand Serigne de Dakar Abdou­laye Makhtar Diop, entre autres.
abndiaye@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here