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Face à la multiplication des expropriations foncières, la Collectivité léboue a décidé de se lever pour «affronter les prédateurs fonciers». Le Conseil national des Lébous (Cnl) met en garde les «agresseurs fonciers» et demande à l’Etat d’intervenir pour arrêter ce processus d’expropriation.

«On va miner les terres. Le savoir par lequel procédait nos grands-parents pour ce faire est toujours là.» C’est le stratagème, par désespoir de cause, auquel compte recourir la collectivité léboue si une solution à la récurrence des expropriations foncières dont elle se dit victime n’est pas trouvée. Le Grand Saltigué du Cap Vert et président du Conseil national des lébous (Cnl), El Hadj Malick Ngom, a donné l’assurance samedi. Les dignitaires de la collectivité s’étaient donné rendez-vous ce jour-là sur un site litigieux près de la centrale de Kounoune (commune de Bambylor) pour faire constater les dégâts, suite à l’opération de démolition perpétrée par la Dscos. Mais avant d’en arriver à ce dernier recours d’ordre mystique, les membres de la collectivité comptent battre toutes les cartes pour contrer les agresseurs fonciers qui, de l’avis de Mamadou Diop Thioune, porte-parole du jour, avec «la complicité agissante d’une Administration domaniale», parviennent avec du «faux, usage de faux et faux en écritures publiques» à faire main basse sur des terres appartenant aux Lébous. Ils se sont dans ce sillage indignés des agissements de la Dscos qui aurait pris parti dans ce contentieux. «Nous déplorons l’attitude des éléments de la Dscos dans leur mission d’auxiliaires de la Magistrature», a dit M. Thioune. «Ils devraient protéger les intérêts des populations, plutôt que de se ranger du côté des agresseurs fonciers pour détruire, voire même aménager des sites appartenant aux pauvres contribuables (…) Les éléments de la Dscos de Rufisque sont venus raser les 3 hectares restants que les héritiers avaient déjà aménagés», a-t-il poursuivi, indexant particulièrement le commandant de la Dscos. «Il a osé dire que pour avoir tout bradé, les Lébous ne possèdent plus rien dans ce pays», a apostrophé M. Thioune, parlant d’atteinte à la collectivité. «Lorsque que dans nos attentes de constats des faits dénoncés aux yeux de la loi, les auxiliaires de justice nous notifient sans jugement que les Lébous n’ont plus de propriété foncière et que les certificats administratifs n’ont plus de valeur et ne font plus foi, nous sommes en droit de nous mobiliser et de résister face à cette expropriation sans formalité légale», a-t-il décrété, soutenant que c’est désormais pour la Collectivité un combat en tout lieu et en toute circonstance pour mettre un terme aux terres spoliées dans le Cap Vert. Pour Maguette Samb, «ndèy dji réw» de Yoff, les Lébous ne sont jamais allés à Thiès, Tambacounda où ailleurs pour réclamer des terres. «Les terres dont il est question nous appartiennent et on n’acceptera jamais qu’on nous les retire. Aux autorités de prendre leurs responsabilités parce que dans ce combat nous ne reculerons pas», a-t-il fait comprendre.

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