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Le Train express régional (Ter) les a privés presque de tout. Les ex-tenanciers de places d’affaire à hauteur du quartier Dia­maguène (Rufisque Nord), qui n’ont pas été indemnisés à ce jour, sont à terre. Commerçants et artisans pour la grande majorité. Ils ont sonné l’alerte hier pour se faire entendre des autorités qui tardent à réagir depuis la destruction de leurs constructions. «Nous sommes passés en commission depuis 2017. On a signé, mais jusqu’à présent nous n’avons rien reçu. On n’a même plus d’interlocuteurs. Certains d’entre nous sont retournés au village parce qu’ils ne font rien depuis lors. On nous parle de Sénégal émergent, mais nous on vit avec le Ter le Sénégal calvaire», s’est plaint leur porte-parole, Omar Samba, à l’occasion d’un rassemblement sur les lieux qu’ils occupaient. «Nous sommes ballottés entre la maison du Ter et la préfecture de Rufisque, mais on ne nous a dit rien de clair», a fait savoir M. Samba, entouré d’une dizaine de ses camarades d’infortune. Menui­sier ébéniste, Abdou Diop qui avait son atelier sur les lieux se plaint de la lenteur dans le traitement de leur dossier. «Certains qui étaient là ont été indemnisés, mais pour nous qui sommes plus d’une trentaine, nous voulons que l’autorité nous édifie, car la situation est grave. Au début, on nous avait dit que tous allaient être indemnisés. Nous avons signé avec eux des documents pour ce faire. Et depuis lors, nous vivons dans la précarité. Je suis obligé d’aller dans les ateliers des collègues pour exécuter mes commandes», a-t-il martelé. «Cette dame-là tient une petite table pour vendre du café Touba. Son mari avait la plus grande boutique du coin et tous les habitants du quartier venaient s’y approvisionner. Aujourd’hui, son époux est retourné au village puisqu’il n’a toujours pas été indemnisé et ne peut rester ici à ne rien faire», a poursuivi Abdou Diop, décriant l’ampleur du mal que le Ter leur a posé. «Aujourd’hui, nous alertons les autorités pour leur dire de régler le problème. C’est un combat pour notre dignité parce que nous n’accepterons pas d’être les laissés-pour-compte. On a de tout le temps dignement travaillé et l’Etat doit nous aider et non nous priver de nos moyens de subsistance. Nous ne l’accepterons pas», a pesté le porte-parole, promettant dans la lancée de durcir le ton si le problème n’est pas solutionné.
abndiaye@lequotidien.sn

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