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Les maraîchers de Rufisque sont remontés contre la pénurie d’eau à laquelle ils font face. Pour Sen’Eau, il y a un ordre de priorités dans la distribution de l’eau à cause du déficit constaté dans la région de Dakar.

La colère est à son paroxysme chez les maraîchers de la zone de Lendeng (Rufisque-Est) privés d’eau pour leurs activités depuis quelque temps. Lors d’un rassemblement dimanche dans une maison suite au refus des éléments de la police de leur laisser investir l’espace public, ils ont asséné leurs vérités, annonçant même une plainte contre Sen’Eau pour le préjudice subi avec cette situation. «Ça fait trois mois que les gens avaient investi leur argent. Tout est en train d’être gâché avec le manque d’eau constaté. Sen’Eau a causé des dommages importants aux agriculteurs de Lendeng et nous allons porter plainte contre elle pour qu’elle dédommage ces maraîchers qui, pendant trois mois, ont investi et travailler dur pour tenter de nourrir leur famille», a soutenu Pape Konaté, parlant au nom des maraîchers. Pour Kalidou Kâ, responsable des activités sur le site, la démarche de Sen’Eau procède d’un sabotage. «Sen’Eau est venue mettre en place une nouvelle installation. Et depuis lors, on ne voit plus l’eau. C’est un sabotage, car ils nous ont sciemment privés d’eau», a-t-il dit, assurant qu’ils vont se battre pour le retour de l’eau. Venu en médiation, le directeur de Cicodev (Institut africain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement) s’est désolé du constat sur les lieux. «Ce que j’ai vu, ce sont des champs asséchés. La pression est telle qu’il est impossible de laver un mouchoir avec ce débit», a relevé Amadou Kanouté, appelant à l’urgence d’une politique pour pérenniser l’activité dans la zone qui, selon lui, génère 1 milliard de francs annuellement. «Il y a un besoin urgent en place, une politique pour l’eau à usage agricole et l’eau destinée à la consommation humaine. Il faut des discussions avec le ministère de l’Agriculture et celui de l’Hydraulique pour définir une politique consensuelle», a-t-il proposé. Pour les 145 producteurs de Lendeng, le combat contre la Sen’Eau «va se poursuivre sans répit jusqu’au retour à la normale de la situation».

Sen’Eau brandit sa résolution
Le directeur régional de Sen’Eau n’a pas tardé à réagir après la sortie des maraîchers. Selon lui, la situation qui prévaut actuellement est la résultante d’une entente tacite entre Sen’Eau et les maraîchers. «Le déficit est général dans l’alimentation en eau pour Dakar. Nous sommes à une période de pointe et la demande augmente. Il faut donc partager la ressource», a en effet laissé entendre Abdou Khadre Coundoul. Dans cette réorganisation, le Programme pointe 2020, qui est une riposte au manque d’eau. «Il y a un ordre de priorités dans la distribution de l’eau. Il y a un quota maraîcher et la résolution signée permet à Sen’Eau de procéder à un rationnement lorsqu’une situation se présente. C’est pourquoi ils ont accès à l’eau entre 22h et 6h», a expliqué M. Coundoul, inscrivant ce fait dans la résolution. «Maintenant s’ils veulent porter plainte, je dis que nous sommes dans un Etat de droit», a-t-il dit en estimant que Sen’Eau agit dans la légitimité.

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