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Le passage de la caravane de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca) ce week-end a permis de dépister des centaines de femmes et de voir le district recevoir un appareil de cryothérapie d’une valeur de 2,5 millions de francs Cfa. Il aura aussi permis de former 45 sages-femmes aux techniques de dépistage et de détection du cancer du col de l’utérus et du sein. Le professeur Mamadou Diop, directeur de l’Institut du cancer de l’hôpital Le Dantec, a profité de cette session de capacitation pour dégager le profil de la sage-femme moderne pour un système de santé plus performant.

«Une sage-femme aux compétences exclusives de gestion de l’obstétrique est dépassée.»  C’est le point de vue du Pr Mamadou Diop, directeur de l’Institut du cancer de l’hôpital Aristide Le Dantec. «Nos sages-femmes ne sont formées que pour l’obstétrique, gérer des grossesses et des accouchements. Dans le monde d’aujourd’hui, une sage-femme ça vaut dix fois plus que ça», a relevé samedi la blouse blanche, appelant à un changement de mentalité pour le reprofilage des sages-femmes, qui est devenu «un challenge aujourd’hui» pour le secteur de la santé. «Notre objectif, c’est que cette activité-là, ce que Dp world a fait, ce que nous avons fait comme formation,  le module que nous avons donné aux (sages) femmes puissent servir et pour cela il faut un changement de mentalité», a-t-il plaidé. Pr Diop s’est exprimé à l’occasion des Journées de formation sur le cancer du col de l’utérus et du sein (22 -23 septembre) à l’intention de 45 sages-femmes du district de Rufisque.  «Nous voulons que Rufisque soit un centre de dépistage et de détection des lésions précancéreuses (…) Beaucoup de femmes viennent dans les centres de santé pour des consultations prénatales et peut-être qu’elles ont des lésions. Faute de compétence chez les sages-femmes pour la détection de ces  lésions , elles vont ressortir avec ces lésions ; ça ce n’est pas acceptable (…) Il fallait que ces sages-femmes puissent avoir les consommables, faire le dépistage et ensuite orienter au niveau du centre de santé si le traitement est nécessaire», a expliqué Pr Diop sur le module dispensé, soutenant aussi que 70 sages-femmes des districts de Louga et Saint-Louis ont aussi été formées aux mêmes procédés pour avoir des connaissances basiques sur le cancer. Cette activité est organisée par la Ligue sénégalaise de lutte contre le cancer (Lisca) qui, après Saint -Louis, Louga et Rufisque, ambitionne de faire d’autres départements du pays. «Environ mille femmes ont été dépistées pour le cancer du col de l’utérus et du sein», a estimé Fatma Guénoune, présidente de la Lisca pour les trois départements ayant accueilli pour l’instant la caravane. Elle a, en outre, salué la capacitation des sages-femmes qui va conduire à «la réduction de la prévalence du cancer du col de l’utérus et du sein». «Les sages-femmes sont en contact permanent avec les femmes d’où l’importance de ce transfert de compétence», s’est-elle réjouie. Fatma Guénoune a encore remercié Dp World, entreprise partenaire dans le cadre de la caravane, pour avoir offert un appareil de cryothérapie d’une valeur de 2,5 millions au district de Rufisque. «Cet appareil vient à son heure et va permettre de délimiter et de traiter les lésions précancéreuses détectées chez la patiente», a-t-elle fait savoir sous l’œil ravi de Alassane Diop, directeur de Dp World Sénégal.
abndiaye@lequotidien.sn

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