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Alors que le meurtre ignoble au mois de février d’un jeune de sept ans à Touba reste encore vivace dans les mémoires, un autre cas assez similaire vient en rajouter à la consternation collective. Le corps sans vie d’un jeune garçon a été découvert lundi dans la matinée dans le périmètre maraicher de Lendeng (Rufisque Est). « Tôt ce matin (hier) un de mes employés a découvert un sac autour duquel tournoyaient des mouches. Il m’a avisé et après avoir réalisé qu’il s’agissait du corps d’un enfant j’ai aussitôt informé la police», a témoigné Mamadou Diop, propriétaire du champ. Aucun doute pour les habitants de Darou Nahim du populeux quartier Gouye Mouride jouxtant le périmètre maraicher : il s’agit bien du corps de Fallou Diop petit garçon de deux ans six mois. Porté disparu depuis le 15 mars, il était activement recherché par sa famille et tous les habitants du quartier qui espéraient retrouver le jumeau. «Serigne Fallou c’est mon Serigne Fallou. La jumelle a été laissée sur place par le ou les ravisseurs le jour de l’enlèvement. Qu’on me rende mon marabout Serigne Fallou», avait supplié vendredi Khady Ndiaye dans un appel de détresse émis depuis le siège des journalistes de Rufisque. Cet appel suivi d’une solidarité agissante qui s’est prolongée sur la toile n’a hélas rien pu faire pour retrouver le garçon sauf. «Merci à tout le monde pour vos prières. Serigne Fallou s’en est allé, il a été retrouvé mort et mis dans un sachet dans les jardins à Gouye Mouride », a annoncé Ibrahima Diop, un proche de la famille. «C’est Serigne Fallou qui me l’avait donné je le laisse entre ses mains », a juste noté Badou Diop, le quadragénaire de père résigné de la triste fin réservée à son petit garçon. D’après les témoignages concordants, il n’y a aucun organe manquant comme voudraient le faire croire des supputations qui ont vite conclu au sacrifice humain. Qu’à cela ne tienne, le prénom des deux victimes ne laisse pas indifférent : Fallou Bâ à Touba, Fallou Diop à Gouye Mouride. Le corps, dans un état primaire de putréfaction, a été acheminé par les éléments de la brigade des sapeurs-pompiers vers un centre de santé. La police a ouvert une enquête pour tirer les mystères sur ce crime crapuleux ayant mis les populations dans une colère noire.
Nationale barrée et des pneus brûlés
Si tôt l’annonce de la découverte macabre faite, les populations ont investi dans un premier temps le lieu du drame pour constater de visu l’effroi et une fois le corps emporté elles ont manifesté leur colère dans la rue. En foule compacte, les habitants ont fait la rue pour brûler des pneus sur tout leur passage jusqu’à la route nationale qu’ils ont barrée pendant des heures. Les forces de l’ordre en effectif insuffisant ont été impuissantes face à cette marée déchainée. «Trop c’est trop il faut que l’état réagisse face à cette affaire qui prend des proportions inquiétantes. Nous avons tous des enfants, comment ne pas avoir peur », a lancé un manifestant. Avec des pierres, les manifestants ont tenu en respect la dizaine de policiers qui ont du recourir à un renfort pour reprendre le dessus sur la foule en se servant de grenades lacrymogènes. Un homme ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales a échappé au lynchage grâce à la finesse du président du conseil de quartier Pape Konaté qui l’a exfiltré pour le garder dans une maison voisine avant que la police ne mette hors de danger l’individu chanceux sur ce coup.
abndiaye@lequotidien.sn

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