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Les 5 cas de transmission communautaire au Covid-19 recensés à Rufisque en 24h ont fini de plonger le département dans une grande psychose. Les populations des zones infectées craignent le pire, surtout en constatant la posture affichée par le préfet et les maires. Laissées à elles-mêmes, elles tentent au mieux de se parer avec les moyens du bord.

Quatre nouveaux cas issus de la transmission communautaire portent à cinq, entre dimanche et lundi, les cas sous ce mode de contamination dans le département. Il s’agit de deux cas pour le district sanitaire de Rufisque et deux autres pour Sangalkam où un premier cas avait été enregistré la veille. Une situation qui a plongé dans une grande inquiétude le département où au total sept cas de Covid-19 issus de la transmission communautaire ont été comptabilisés par le ministère de la Santé (3 à Rufisque, 3 à Sangalkam et 1 à Diamniadio). Déjà au quartier Dangou (Rufisque-Nord) où un cas communautaire a été signalé depuis mercredi, les populations ne dorment plus que d’un œil. «C’est dans la nuit de mercredi qu’une équipe médicale est venue dans la maison pour faire des prélèvements sur les habitants. L’exercice achevé, la famille a été laissée à elle-même et certains ont même quitté la demeure jeudi matin pour vaquer tranquillement à leurs occupations», a posé avec beaucoup de crainte un membre du Comité d’urgence installé dans le quartier suite à ce premier cas. «Ce n’est que jeudi dans la soirée que les membres de la famille ont été transférés. Nos autorités, que ce soit le préfet, le maire de la Ville ou de Rufisque-Nord, ont fait preuve d’une légèreté inacceptable dans cette affaire. Jusqu’à ce jour, elles n’ont daigné se déplacer, ne serait-ce que pour soulager les habitants du quartier», a enchaîné notre interlocuteur. La seule consolation pour ces habitants est venue du côté du médecin-chef du district de Rufisque. «Vu la situation, nous avons contacté Dr Mbaye Thiam qui est venu vendredi avec ses équipes faire des tests sur de potentiels contacts de la famille du patient enregistré dans notre quartier. Les résultats nous ont été transmis dimanche et les 26 tests se sont avérés négatifs», s’est réjoui Alassane Mbaye, membre du Comité d’urgence qui mène ses activités avec les contributions volontaires des habitants du quartier. «Le comité, dirigé par le préfet, a collecté des millions de francs et des quantités incalculables en vivres et produits désinfectants, mais au niveau des quartiers on ne sent pas ce comité, se plaint Ibrahima Guèye, membre du comité. Nous avons, par nos propres moyens, commandé plus de 700 masques, acheté des caisses de produits désinfectants, installé des lave-mains dans le quartier.»
Par ailleurs, le Champ des courses va abriter à partir de demain le marché aux légumes pour concrétiser la volonté du préfet de décongestionner le marché central. La mesure avait été prise depuis le 17 avril, mais n’avait pas été suivie d’effets. A espérer juste que les vendeurs ne remettent à nouveau à rude épreuve l’autorité du préfet Serigne Babacar Kane. Dans le district de Sangalkam où les deux cas communautaires annoncés lundi concernent Niague et Sangalkam, ce n’est pas non plus la sérénité. Cela, d’autant plus que la patiente de dimanche est de Niacoulrab (commune de Parcelle- Jaxaay- Niacoulrab), village d’où elle se déplacerait assez souvent vers Yeumbeul où vit son mari. Des sources dans le village de Niacoulrab craignent même le pire, compte tenu du niveau élevé de brassage entre les populations, mais aussi de la proximité avec Keur Massar, un autre foyer de la transmission communautaire.
Pour l’heure, seul le district de Diamniadio est épargné par cette montée en puissance des cas communautaires en face desquels les populations se sentent laissées à elles-mêmes par les autorités.

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