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Les vendeurs du marché central n’ont rien trouvé de mieux à faire en cette période d’interdiction des rassemblements que d’organiser une réunion populaire. Ce, pour repousser avec «autorité» la volonté de l’Autorité de délocaliser le marché aux légumes.

Hier, les commerçants du marché central ont organisé une réunion ouverte à tous les vendeurs pour, disent-ils, manifester leur désaccord contre la décision du préfet du département de délocaliser le très fréquenté marché aux légumes vers le Champ des courses.  «Des cantines et des moyens de sécurité y seront installés», assurait la cellule de communication du Comité départemental. Cette décision de l’Autorité avait été  prise le 17 avril mais depuis lors n’avait pas été suivie d’effet sur le terrain; on ne sait d’ailleurs pour quelle raison. Une période de vide qui a sans doute ragaillardi les vendeurs qui ont cru bon de peaufiner une stratégie de riposte pour faire capoter la mesure. C’est ainsi qu’ils s’étaient retrouvés mercredi pour «fixer leur position» par rapport à une décision qui ne les agrée pas du tout. Plus de deux cents personnes étaient en train de participer à la rencontre lors de laquelle, tour à tour, les responsables du marché ont affirmé au parloir leur intention ferme de ne se déplacer vers le Champ des courses. La mesure ne serait, selon eux, qu’un stratagème pour les déguerpir pour de bon du marché au profit du projet Carré d’Or que la mairie veut réaliser sur le marché central. Malheureusement, la réunion a été interrompue par les éléments de la police ayant rappliqué dare-dare, une fois informés du rassemblement. Trois des responsables dont Pape Bâ, président des vendeurs du marché, ont été arrêtés et conduits au commissariat. Lundi déjà, des troubles avaient été notés au marché. Les vendeurs, non contents de l’arrivée d’éléments de la police pour exiger la fermeture des boutiques et cantines ne vendant pas des produits alimentaires, s’étaient livrés à une véritable intifada. Même pour ce qui est du port du masque, si la majorité des vendeurs et clients l’arborent par souci de se préserver et ou par civisme, ce n’est pas le cas pour tous. Certes Rufisque n’a pas connu de nouveau cas depuis bientôt trois semaines, mais il ne suffirait que d’une toute petite étincelle pour faire dramatiquement basculer la situation avec le grouillant marché central ! Une seule question se pose alors. Ne faudrait-il pas fermer le marché comme c’est le cas dans certaines zones ? Le pouvoir n’est pas aux mains des citoyens mais plutôt de l’Autorité habilitée pour ce faire. Faut cependant dire que depuis le début de l’Etat d’urgence, le préfet, Serigne Babacar Kane, s’est montré ferme sur le papier avec une batterie de mesures prises à côté de celles d’ordre général. Sur le terrain malheureusement, lesdites mesures peinent à être matérialisées à cause de l’inconscience des populations … du manque de rigueur aussi chez l’Autorité qui dispose de toutes les cartes en main, en cette période d’Etat d’urgence,   pour contraindre au strict respect des mesures. C’est à ce prix que Rufisque va gagner le combat contre le Covid-19.
abndiaye@lequotdien.sn

 

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