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Des populations de Keur Ndiaye Lô, Kounoune Ngalap, Keur Daouda Sarr et autres localités ne veulent plus demeurer dans le giron de la commune de Bambylor. Elles réclament l’érection de leur zone territoriale, composée de 5 villages et 28 cités, en une commune de plein exercice. Des velléités de sécession nées de la volonté du chef de l’Etat de procéder à des correctifs au découpage territorial.

De 4 C pour évoquer l’ancienne communauté rurale de Sangalkam, on pourrait arriver à 5 C. Pour cause, l’éclatement de Bambylor en deux communes est un souhait fort d’habitants de Keur Ndiaye Lô, Kounoune Ngalap, Keur Daouda Sarr et autres qui veulent faire sécession. Depuis que le Président Macky Sall a annoncé, lors de la Conférence nationale sur l’aménagement et l’attractivité des territoires, sa volonté de procéder à des correctifs au découpage, pas un jour ne passe sans que des rencontres en ce sens ne se tiennent. Dimanche dernier, c’était au tour de l’Union pour l’émergence de se signaler. «Il se trouve que l’ancien régime avait procédé à un découpage administratif aux relents de règlement de comptes politiques pour affaiblir un adversaire politique. Nous lui soumettons le dossier de la communalisation de Keur Ndiaye Lô et les villages environnants qui est une demande des populations locales», a expliqué Yoro Fall, président de ce mouvement de jeunes et femmes. «Pour avoir des documents administratifs, les habitants de la zone font des kilomètres. On traverse Sangalkam pour pouvoir atteindre le chef-lieu de notre commune qui est Bambylor. On ne peut pas continuer avec ce calvaire», a-t-il poursuivi dans son argumentaire.
D’après son propos, la démarche n’a rien de politique. «Tout ce que nous voulons, c’est l’érection de la zone composée de 5 villages et 28 cités en une commune de plein exercice. Les problèmes entre Ndiagne Diop et Omar Guèye ne nous concernent pas et ce que nous faisons c’est pour l’intérêt des populations», a fait prévaloir M. Fall. Pour Mamadou Sankharé, la zone est viable pour être une commune. «Il y a une dizaine d’usines entre Keur Daouda Sarr, Kounoune et Keur Ndiaye Lô sans compter la centrale électrique. Et malheureusement, toutes ces ressources ne nous sont d’aucune utilité malgré la proximité. Toutes les contributions sont versées au niveau de Bambylor», a-t-il laissé entendre, assurant que la communalisation de la zone va régler les problèmes auxquels ils sont confrontés.
Accusées d’être de connivence avec le maire de Sangalkam Omar Guèye, ces populations ont rejeté toute idée d’un rattachement à la commune de Sangalkam. «Notre combat est clair. Nous voulons que la zone soit érigée en commune, rien d’autre», a estimé M. Sankharé.
Ibrahima Ndoye, habitant de la localité, met les agissements constatés ces derniers temps sous le coup de la politique. «La volonté de communalisation a été entamée depuis 2013 et une pétition avec 14 mille signatures a été jointe au dossier envoyé aux plus hautes autorités du pays. Informés de l’avancement du dossier, les politiciens se précipitent pour s’arroger la paternité de la communalisation», s’est-il désolé, assurant que le projet a été porté depuis le départ par «un comité restreint dans lequel se trouve les chefs de village des différentes localités». Selon lui, les ressources ne manquent pas pour pouvoir pleinement jouir du statut de commune. «La centrale de Kounoune, c’est une contribution de 350 millions de francs Cfa par année, sans compter les autres entreprises», a-t-il soutenu en ce sens non sans relever une précision de taille. «Nous n’accepterons pas que l’on nous rattache à Sangalkam qui fait 7 mille habitants alors que nous sommes près de 20 mille», a-t-il assuré, rejetant ainsi les rumeurs voulant faire fusionner la zone à la commune de Sangalkam.
abndiaye@lequotidien.sn

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