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Les sourds sortis des écoles dédiées, notamment le centre verbo-tonal et ceux des villages et villes, plus nombreux ne se comprennent pas. Pape Alioune Sow, président de la Fédération nationale des organisations de sourds du Sénégal (Fnoss), a regretté ce fait samedi à Rufisque, lors de la célébration de la Journée mondiale des sourds et de la surdité. «Il y a une cassure entre les sourds sortis des écoles et ceux des villes et villages. Le langage des signes acquis dans les écoles dédiées, notamment le centre verbo-tonal, est un langage américain alors que la plupart des sourds ne comprennent pas ce langage. Il existe», a expliqué le président du Fnoss, lors de son discours inaugural. S’exprimant en langue des signes, il a dans son discours explicité, par un traducteur, témoigner de son souhait de voir les autorités prendre en charge la question pour mettre à niveau tous les sourds du pays. Il a ainsi plaidé la mise sur pied d’un langage purement sénégalais. «Il faudrait donc changer le langage américain par un langage typiquement sénégalais pour une meilleure inclusion. Le langage véhicule une identité et c’est en ce sens que nous souhaitons que cela se réalise», a-t-il noté. «Considérant qu’il existe une langue des signes authentiquement sénégalaise utilisée majoritairement dans le pays. Le Fnoss invite le gouvernent du Sénégal à prendre toutes les dispositions pour que cette langue des signes sénégalaise se substitut progressivement à la langue des signes américaine en vue de sa reconnaissance officielle», renseigne d’ailleurs à ce propos le mémorandum remis aux autorités. C’est une question sur laquelle ils semblent travailler, comme le prouve du thème de la journée de cette année «Promotion de la langue des signes sénégalaise». «Il y a un important programme développé par le gouvernement à travers le ministère de l’Education nationale pour l’éducation inclusive afin que les personnes handicapées, notamment sourdes, puissent avoir des programmes spécifiques qui leur permettent d’apprendre convenablement au même titre que les personnes normales», a souligné Arame Top Sène, directrice de l’Action sociale, qui a présidé la manifestation. Le Fnoss espère, après avoir remis son mémorandum, que ses doléances seront satisfaites par les plus hautes autorités. Ses membres ont d’ailleurs sollicité une audience avec le président de la République pour lui faire part de leurs préoccupations.

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