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Gorgui Ciss continue de dénoncer la reconduction des deux ministres socialistes dans le gouvernement post-Présidentielle. Réunis à Yène en Assemblée générale, lui et ses camarades ont prôné une bonne gestion de «la dévolution des responsabilités politiques et administratives» pour éviter une crise.

La reconduction de Serigne Mbaye Thiam et Aminata Mbengue Ndiaye comme ministres socialistes ne passe toujours pas chez certains Socialistes. Le meeting de remobilisation, organisé par la 28ème section B de Yène, a été une occasion pour ces derniers qui soutiennent que ce choix est à l’origine de la situation difficile que vit la formation politique. «Le Parti socialiste est en crise. Il est plongé dans un malaise profond depuis la formation du dernier gouvernement. Que les gens l’acceptent ou pas, c’est la réalité», a soutenu Bacary Bassène, secrétaire de l’Union régionale de Ziguinchor. «On a tous vu ce qui s’est passé aux dernières réunions du Secrétariat exécutif et du Bureau politique. Il ne faut plus que cela se répète car ce n’est pas sérieux. Ce que nous voulons, c’est  rassembler le parti  tel que le veut le Secrétaire général Ousmane Tanor Dieng. Ce que nous voulons, c’est aller à la conquête du pouvoir en 2024», a-t-il souligné sans pour autant entrer dans les détails. Saliou Ciss de l’Union communale de Diass est venu en rajouter lui aussi : «Le parti est à la croisée des chemins. Nous devons réclamer la justice et l’équité dans le parti.»
A son tour, Gorgui Ciss, qui avait ouvertement décrié la reconduction des deux ministres socialistes «sans concertation», n’a pas manqué d’étaler les conséquences d’une telle action. «Il faut que nous gérions au possible la dévolution des responsabilités politiques et administratives synonymes de crise et souvent de tensions. Il faut que nous apprenions à mieux les gérer pour éviter des départs éventuels», a noté l’hôte du jour pour qui «la rotation» était la meilleure chose à faire. L’édile de Yène a toutefois concédé que la secousse qui agite leur formation est bien antérieure à la formation du dernier gouvernement. «Depuis le retour aux affaires dans le cadre de Benno bokk yaakaar, notre parti montre des signes de faiblesse car tous les indicateurs qui permettent de mesurer la vitalité d’un parti sont en régression», a-t-il constaté, étayant son propos par le nombre de députés et de maires. Le chargé des Relations extérieures du Ps décèle un manque de vitalité notoire dans le parti. La vente des cartes de membres lancée depuis un an en est un indicateur pour lui. «Nous peinons à atteindre le cap des 300 mille cartes (…). On se retrouve  en deçà des 155 mille cartes», a-t-il regretté tout en appelant à plus d’engagement sur le terrain. «Nous devons bannir le militantisme de salon ou le militantisme virtuel à travers les réseaux sociaux mais également le tourisme électoral», leur a-t-il conseillé. C’est le sens même de ce meeting qui a drainé du monde au grand bonheur des responsables venus assister à la rencontre et qui est un message fort en direction de tous les responsables. «C’est ce que fait Pr Gorgui Ciss qui fait vivre un parti. Et si chacun fait chez lui ce qu’il fait, nous atteindrons nos objectifs», a magnifié Mame Bounama Sall, responsable des Jeunesses socialistes.
abndiaye@lequotidien.sn

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