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Boubacar Albé Ndoye a rejeté l’idée de suppression des trois communes à la place de la Ville. Arguments à l’appui, le maire de Rufisque-Est fait le procès de la Ville, institution qui, selon lui, dans sa forme actuelle, ne peut pas porter le développement de Rufisque. 

Le maire de Rufisque-Est bat en brèche l’argument d’historicité brandi par certains au sujet de la suppression des villes. «L’histoire est là et on ne peut la travestir. Rufisque restera une ville historique, mais c’est le débat sur le développement qui intéresse», a soutenu Boubacar Albé Ndoye, hier, lors d’une rencontre avec les notables de sa collectivité territoriale. Le premier adjoint à la Ville de Rufisque réagissait notamment aux sorties de Ismaïla Madior Fall et de Seydou Diouf. «S’il y a quelque chose à supprimer, c’est bien les trois communes», avait déclaré le député et secrétaire général du Ppc. Le ministre d’Etat et «Monsieur Acte 3 de la décentralisation», lui, avait soutenu dans L’Observateur que pour Rufisque et Thiès, «il y est plus facile de supprimer les communes anciennes, communes d’arrondissement que la ville» et ainsi «permettre la cohabitation de la ville et du département». «On est en démocratie et chacun défend ses convictions. Que l’idée qui soit le bénéfice de Rufisque prévale», a fini par dire Boubacar Ndoye qui dit être en phase avec Macky Sall pour la suppression de la Ville comme institution.
Il a d’ailleurs assuré qu’à Rufisque, l’entité commune fait mieux que la Ville en termes d’investissements. «Si vous regroupez l’ensemble des réalisations des communes de Rufisque, c’est supérieur à ce que la Ville a réalisé durant tout ce temps-là», a-t-il fait remarquer, évaluant «entre 300 et 400 millions francs» les investissements faits par la commune de Rufisque-Est sous son magistère. M. Ndoye s’est interrogé d’ailleurs sur la capacité de la Ville à porter le développement de Rufisque, relevant qu’en 18 ans d’activités budgétaires, elle a exécuté des investissements n’excédant pas les 4 milliards de francs. «Dans le cadre de l’investissement, on a trouvé un grave problème à Rufisque. De 2002 à ce jour, la Ville a fait 80 milliards en dépenses exécutées. Je défie quiconque de me dire le contraire. Pour les trois équipes qui se sont succédé, les investissements ne dépassent pas 4 milliards. Une institution comme ça, ma conviction est qu’elle ne porte pas le développement de Rufisque», a-t-il insisté. Avant de conclure : «Si on est là depuis 1880 (date de création de la commune de Rufisque) et que d’anciennes communautés rurales nous devancent en termes de développement, on doit logiquement s’interroger sur le devenir de Rufisque.»

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