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La criminalisation du viol récemment, adoptée en Conseil des ministres, ne suffit pas à elle seule pour barrer la voie au phénomène. L’Association des juristes du Sénégal (Ajs), qui clôturait mercredi ses activités de sensibilisation et de plaidoyer sur le viol à Rufisque, a inscrit cette activité à ce registre. «Nous sommes parmi les organisations qui avons demandé la criminalisation du viol mais nous nous sommes dit que la répression à elle seule  ne peut endiguer le phénomène (…) On parle de criminalisation du viol alors que l’on néglige plusieurs autres aspects», a noté Zeynab Kane Bodian, Secrétaire générale de l’Ajs. «Il nous faut nous positionner sur d’autres pistes c’est pourquoi nous avons accepté de débattre sur des solutions concertées.  Il faut aller au-delà de la répression en jouant sur la prévention qui n’est pas seulement efficace dans le domaine de la santé. Elle peut être efficace dans ce domaine. Nous sommes là pour dire aux communautés de faire attention. La question du viol est quelque chose qui touche toutes les couches de notre société et il faut que l’on en parle», a-t-il poursuivi, faisant savoir que les communautés ont un rôle important à jouer dans ce combat. «Il est important de continuer la discussion avec les relais communautaires à la base», a encore précisé Mme Bodian en marge de la rencontre qui a vu la présence de badienou gokh,  gynécologues, imams et représentants d’organisations communautaires de base. La campagne d’activisme de l’Ajs a été entamée le 25 novembre au monument de la Renaissance et  s’est poursuivie pendant 16 jours dans divers départements avant l’étape ultime de Rufisque. «C’est un bilan satisfaisant parce qu’il faut communiquer sur la question. Pour nous, il faut un autre son de cloche par rapport à cette thématique du viol et de la violence de façon générale», a magnifié la Secrétaire générale de l’Ajs faisant le point du programme de sensibilisation. La présidente du Tribunal départemental de Rufisque a exhorté pour sa part à la dénonciation qui demeure un point important. «Dénoncer c’est une forme de protection sociale. Dénoncer un violeur c’est protéger mille victimes», a ainsi soutenu Aïssatou Kanté Faye.

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