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La plateforme Aar li nu bokk et les syndicats de l’éducation et de la santé se sont conformés à la décision du préfet de Dakar d’interdire toutes les manifestations d’hier. Aliou Sané et Cie s’en désolent, mais n’entendent pas baisser les bras pour les prochaines demandes.

Aar li nu bokk n’a pas manifesté hier. L’interdiction du préfet de Dakar est passée par là. La plateforme, qui réclame justice dans l’affaire Aliou Sall et revendique, de façon générale, la transparence dans la gestion des ressources naturelles avait envisagé de se joindre à la procession des syndicalistes de l’Ecole normale au Rond-point Jet d’eau. Seulement, tard dans la soirée du jeudi, le préfet de Dakar a publié un communiqué dans lequel il a indiqué avoir reçu «quatre déclarations de manifestations, toutes rejetées, pour l’après-midi du vendredi 28 juin 2019». Ce qui présentait, selon Alioune Badara Samb, des «menaces graves de troubles à l’ordre public corroborées notamment par des appels à la défiance vis-à-vis de l’autorité de l’Etat, des risques d’infiltration et d’affrontements entre camps opposés, par des appels à des jonctions de manifestations dont les buts déclarés sont sans aucun lien». Aar li nu bokk et les syndicalistes se sont finalement pliés à la décision de l’autorité.
Dans la matinée d’hier, cette structure de la Société civile et de l’opposition a fait face à la presse pour faire le point sur la situation. «Lundi 24 juin, nous avons déposé une lettre d’information à la Préfecture de Dakar pour une marche pacifique vendredi (hier). L’autorité avait d’abord dit à notre émissaire qu’il y avait une autre demande, le même jour, à la même heure. Il (le préfet) l’a rappelé finalement pour lui signifier qu’il n’y avait pas une autre demande», a dit le coordonnateur de Y’en a marre. Aliou Sané d’ajouter : «On a été approchés par les forces sociales regroupées dans un cadre syndical. Ils avaient prévu une marche le même jour, du Rond-point Jet d’eau à l’Ecole normale. Ils nous ont invités à prendre part à leur marche. Nous y avons répondu favorablement pour ne pas organiser deux mobilisations séparées la même heure. Et nous avons entrepris l’initiative d’aller voir le préfet pour l’informer que nous pouvons surseoir à notre marche à la condition que celle des syndicats soit autorisée. Une lettre a été même déposée à cet effet.»

«S’il y a des gens qui veulent de la violence, ce n’est pas nous»
M. Sané et ses camarades expliquent cette mesure d’interdiction par l’annonce de Samm sunu rew d’organiser une contre-manifestation. «Il y a d’autres forces favorables au régime qui veulent provoquer une situation de tension. Mais la responsabilité revient à l’autorité étatique de constater cela et de prendre ses responsabilités», dit-il. En ce qui les concerne, les leaders de Aar li nu bokk ont décidé de se conformer à la décision pour éviter une altercation avec des concitoyens. La plateforme entend, à travers ce recul, montrer sa «bonne foi», mais sans fléchir sur «son engagement et sa détermination». «S’il y a des gens qui veulent de la violence, ce n’est pas nous. Nous prenons à témoin les Sénégalais et les invitons à défendre le principe de justice et de la transparence dans la gestion des ressources naturelles», a conclu le successeur de Fadel Barro à la tête de Y’en a marre. Une nouvelle déclaration de manifestation pour la semaine prochaine a été introduite par la plateforme.
Stagiaire

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