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Dans leur colère dévastatrice, les pêcheurs de Guet Ndar ont tout saccagé sur leur passage, y compris le centre de documentation et de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) implanté à Ndar Toute. Ce saccage n’est que le dernier d’une série qui a touché également des bureaux d’état civil et des lieux d’archivage. Dans un mémorandum, le comité directeur de l’Association sénégalaise des bibliothécaires, documentalistes et archivistes (Asbad) lance un appel pour la protection du patrimoine documentaire national.

La colère des pêcheurs du quartier Guet Ndar de Saint-Louis a eu pour conséquence le saccage du Centre de documentation de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs). Cet acte n’est que le dernier d’une longue série de saccages qui ont visé des bibliothèques, des bureaux d’état civil ou des fonds documentaires. Suffisant pour que l’Association sénégalaise des bibliothécaires, documentalistes et archivistes (Asbad) monte au créneau. Dans un mémorandum partagé par l’association, le Comité directeur lance un appel pour la protection du patrimoine documentaire national. «Les archives représentent un trésor précieux. Toutes les catégories socio-professionnelles, les organisations, les mouvements citoyens ont le devoir de préserver ce patrimoine commun et unique», plaide l’association. «Le saccage suivi d’incendie du Centre de documentation et des archives de l’Omvs lors des manifestations des pêcheurs de Guet Ndar (Saint-Louis) le mardi 4 février dernier, témoigne encore une fois de la fragilité et de la vulnérabilité du patrimoine documentaire national, qui est exposé aujourd’hui aux actes de vandalisme volontaire et gratuit de toutes sortes», souligne l’association. «Il est regrettable de constater que ces dernières années, les archives et les documents administratifs ainsi que les institutions qui les abritent ont constitué des cibles de circonstance de manifestants déchainés», relate encore l’Asbad qui interpelle la conscience collective. «Il y a une urgence extrême à échanger avec les différentes parties prenantes sur le sujet», lit-on.
Le mémorandum de l’association s’adresse ainsi à la fois, aux autorités, aux citoyens et aux professionnels de l’information documentaire. Le document comporte d’ailleurs quelques recommandations, notamment la prise en compte des institutions documentaires, les centres d’état civil et autres dans les plans et stratégies de maintien de l’ordre des forces de sécurité quand elles encadrent ou répriment des manifestations. L’Asbad recommande aussi une communication plus ouverte avec le grand public qui a du mal à saisir la nécessité et le sens des archives et des documents administratifs. «L’importance des archives échappe au grand public, leur intérêt est mal connu ou mal perçu par une partie de la population», rappelle l’Asbad qui invite également les autorités compétentes à prendre les mesures idoines pour l’application rigoureuse de la loi. «L’article 26 de la loi n° 2006-19 du 30 juin 2006 relative aux archives et aux documents administratifs stipule : quiconque aura volontairement altéré d’une manière quelconque ou détruit autrement que dans les conditions prévues par les textes en vigueur des documents administratifs ou des documents d’archives publiques ou d’archives privées confiés en dépôt, sera puni d’un emprisonnement de cinq à dix ans», met en garde l’association.

mamewoury@lequotidien.sn

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