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Assane Mbacké et Mor Lô ont passé la nuit d’hier auprès des leurs. Ils ont été remis en liberté provisoire par le Tribunal de grande instance de Diourbel, statuant en matière de flagrant délit. Le Tribunal a favorablement répondu à la demande des avocats des deux parties. Et cela, après un procès qui a tenu en haleine toute une ville avec un déplacement de plusieurs parents, amis et sympathisants. Appelés à la barre pour répondre des délits qui leur sont reprochés, à savoir destruction de biens appartenant à autrui, saccage d’urnes et empêchement de citoyens d’exercer leur devoir civique, les prévenus ont tous niés les faits qui leur ont été reprochés. Suffisant pour que le procureur de la République, en l’absence de preuves manifestes établissant la culpabilité des prévenus, demande leur relaxe pure et simple. L’affaire a été mise en délibéré pour jeudi prochain. Ce procès aura été pour Madické Niang, un des avocats de Assane Mbacké, un prétexte pour alerter sur les «dérives» notées depuis quelque temps au niveau de la justice. «Aujourd’hui, on est en train d’exposer la justice, de lui faire jouer un rôle qu’elle n’a pas. J’ai honte. Monsieur le président, vous êtes venu à la justice non pour un homme, pour un pouvoir, mais pour dire le droit. Le jour des élections, on n’arrête pas un candidat. On n’utilise pas la justice pour briser un adversaire», a dit Me Niang.
Me El Hadji Diouf, lui, estime que le procureur de la Répu­blique de Diourbel a commis une «forfaiture». «J’ai peur quand des juges constitutionnels et des procureurs de région violent la loi pour servir le prince. C’est le procès de l’état de notre démocratie assassinée. C’est triste, c’est indigne», regrette-t-il.
Dernier à plaider, Me El Hadji Amadou Sall n’a pas porté de gants pour déplorer l’arrestation des frères Cheikh Abdou Bara Dolly et Serigne Mbacké Bara Dolly ainsi que de Assane Mbacké le 30 juillet alors qu’ils étaient candidats. «Il n’y a pas un seul bureau de vote à Matam, qui est le fief de Macky Sall, où le vote n’a pas démarré à 8h alors qu’à Touba, jusqu’à 15h, des bureaux de vote n’avaient pas démarré», a dit Me Sall.
Les avocats de Mor Lô de Bby, Mes Bassirou Ngom, Mamadou Seck et Abdoulaye Babou, se sont réjouis de la posture du ministère public consistant à relaxer purement et simplement leur client.
badiallo@lequotidien.sn

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