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Les auteurs des actes de vandalisme mercredi sur le Palais de justice de Louga seront recherchés et sanctionnés conformément à la loi. C’est l’assurance donnée hier par le ministre de la Justice, Me Malick Sall, qui a fait cette déclaration en marge de la Conférence annuelle des chefs de Parquet.

La justice a été frappée au cœur ce mercredi à Louga. Ça enrage le patron de la Chan­cellerie, qui annonce que «force restera à la loi» et que les actes de vandalisme perpétrés au Palais de justice de Louga mercredi ne resteront pas impunis. C’est la mise en garde du ministre de la Justice en réponse aux violences commises lors du procès de Serigne Cheikhouna Guèye et ses coprévenus, qui seront fixés le 4 décembre. Me Malick Sall promet que les auteurs de la mise à sac du Tribunal seront arrêtés, punis conformément aux lois en vigueur au Sénégal. «J’ai eu le constat comme vous (journalistes). Soyez assurés que les auteurs de ces méfaits qui seront identifiés, seront sanctionnés à la hauteur effectivement de leurs actes», a-t-il martelé hier avec force en marge de la conférence annuelle des chefs de Parquet de l’année 2019. Relativement au dossier proprement dit, c’est-à-dire l’enchainement des talibés par leur maitre coranique à Ndiagne, le Garde des sceaux n’a pas mis de gants pour déplorer cette pratique. Il dit : «Ça a scandalisé comme tout le monde. Et moi aussi en tant que ministre, ça m’a scandalisé. Je suis père de famille avant d’être quoi que ce soit et j’ai été talibé aussi. Mais être scandalisé ne suffit pas. C’est pour ça qu’effectivement les dispositions ont été prises pour que le ou les auteurs de ces actes soient mis à la disposition de la justice qui prendra les mesures qu’il faut à leur encontre.»
Il n’est pas d’ailleurs seul à s’être indigné des évènements survenus au Tribunal de Louga. C’est presque tout l’appareil judiciaire sénégalais qui a montré son indignation à l’image du Conseil de l’ordre des avocats du Sénégal, qui a déploré cette expédition punitive des maîtres coraniques venus soutenir un des leurs qui a maille à partir avec la justice. «Ce saccage, survenu pendant le déroulement d’une audience, constitue à la fois une profanation grave de l’enceinte judiciaire, une pression intolérable sur les acteurs de la justice, une entrave à l’exercice du pouvoir judiciaire», a fustigé les avocats. Dans un communiqué, Me Pape Leyti Ndiaye et ses confrères ont «condamné vigoureusement ce saccage et exprimé leur solidarité à toutes les personnes singulièrement aux acteurs de la justice, qui ont moralement et matériellement souffert des exactions commises le 27 novembre 2019». Et de poursuivre, «toutes choses proscrites par les règles de la République. Il s’agit donc, d’un précédent dangereux, qu’il sied de ne pas laisser prospérer, force devant rester à la loi».
Lors du procès de Serigne Cheikhouna Guèye et ses présumés complices, les soutiens ont saccagé le mobilier, les baies vitrées et proféraient des menaces en entonnant des slogans à la gloire du maitre coranique. Le procureur près le Tribunal de Grande instance de Louga a requis une peine de 2 ans dont 2 mois ferme contre les prévenus. Et l’affaire a été mise en délibéré au 4 décembre prochain.

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