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Fatou Jagne Senghore, directeur d’Article 19.

Au-delà de la famille de la presse, le saccage des locaux du journal «Les Echos» par une bande de jeunes se réclamant du guide religieux Moustapha Sy indigne aussi les organisations de défense des droits de l’Homme. Article 19 et Raddho déplorent ces agissements et demandent au gouvernement d’assurer la protection des journalistes.

Le Sénégal doit faire davantage pour assurer la sécurité et l’indépendance des médias et des journalistes, c’est la position d’Article 19 devant une énième attaque qui frappe la presse. Au lendemain du saccage des locaux du journal Les Echos, l’Ong de défense des libertés, dirigée par Fatou Jagne Senghore, a exprimé sa profonde désapprobation contre ce saccage injustifié. «Nous regrettons et condamnons fermement ces actes de violence contre un média en cette période cruciale où tout le monde a besoin d’information sur la pandémie du coronavirus.  Les médias jouent un rôle-clé dans la diffusion d’informations fiables sur la pandémie du coronavirus et l’information des populations sur les moyens de se protéger. Les journalistes prennent des risques contre leur santé pour faire ce travail. Ils ne devraient par conséquent jamais être la cible de violence. Ces actes de violence sont une sérieuse menace à la liberté d’expression, à la sécurité et à la protection des journalistes. Une investigation doit être diligentée», réagit Mme Senghore. Cette attaque est la 4e en quelques mois, s’alarme Article 19 qui rappelle aux autorités sénégalaises que les normes internationales relatives aux droits humains exigent des Etats qu’ils préviennent, interdisent et combattent les crimes contre les journalistes. «Le 24 juin, un cameraman de la 7TV a été sauvagement agressé par des personnes inconnues alors qu’il faisait son travail. Dans la nuit du 2 juin, la Radio Futurs Médias de Macke a été attaquée et ses bâtiments saccagés par des manifestants qui protestaient contre le couvre-feu et les restrictions imposées dans le cadre de l’Etat d’urgence sanitaire. En mars 2020, au lendemain de la proclamation de l’Etat d’urgence, de nombreux citoyens dont le nombre n’a pas été confirmé, deux journalistes en service à Touba, ont été victimes des violences policières pour non-respect du couvre-feu. Les responsables de ces attaques n’ont pas répondu de leurs actes», rappelle l’Ong qui se réjouit toutefois de l’arrestation de suspects dans le cadre de cette présente affaire.
La Rencontre africaine des droits de l’Homme (Raddho) est tout aussi indignée par ces agissements. Elle espère ainsi que «les auteurs de ce crime abominable seront traduits très bientôt devant les juridictions», après l’ouverture d’une enquête par le procureur de la République. L’organisation dénonce ainsi «des menaces sur la liberté d’expression et d’information». «Ces actes constituent une violation grave de la liberté d’information et une sérieuse entrave à l’exercice du métier de journaliste au Sénégal». Soucieuse des libertés, la Raddho estime «que tout journal de la place a le droit et le devoir d’informer les sénégalais sur la vie des partis et de leurs dirigeants, qui demeurent des acteurs importants de la vie politique du pays». «La protection de l’image d’un guide religieux ne saurait justifier des actes qui semblent s’inscrire dans une dynamique de mise au pas de la presse nationale», se désole l’organisation.

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