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Les gendarmes n’ont pas traîné pour retrouver les auteurs de l’attaque contre le siège du journal «Les Echos» ce lundi. Six suspects ont été vite identifiés par les éléments de la Section de recherches qui ont procédé hier, en milieu de matinée, à une reconstitution des faits.

Au lendemain du saccage des locaux du journal Les Echos, les premières arrestations ont eu lieu. Selon nos informations, six individus considérés comme suspects ont été arrêtés par la Section de recherches. Les gendarmes qui se sont déportés sur les lieux après l’attaque ont mis en branle tous leurs moyens d’investigation. Ces efforts ont été très vite payants puisque l’arrestation d’une première personne a conduit à celle des autres membres du «commando Mous­tachidine». Il faut dire que pour renforcer leurs convictions quant à la culpabilité des accusés, les pandores ont procédé hier, en milieu de journée, à une reconstitution des faits. Cinq des six mis en cause ont expliqué comment ils se sont introduits dans les locaux du journal et comment une fois leur forfait accompli, ils se sont dispersés aux quatre coins du quartier. Selon nos informations, le sixième membre du commando qui a été victime d’un accident de la circulation, n’a pu participer à la reconstitution des faits.

La Cap exige la sécurité des journalistes
Solidaire de la rédaction des Echos, des membres de la Coordination des associations de la presse (Cap) se sont rendus sur les lieux du crime. Et la condamnation est sans appel. «Cet acte de terreur lâche et visiblement planifié et coordonné appelle à une condamnation de tout patriote soucieux du devenir démocratique de notre pays», souligne la Cap. Comme toutes les autres associations qui ont réagi après l’attaque, la Cap en appelle à la responsabilité de l’Etat «afin que la sécurité des journalistes soit une réalité avec le parachèvement des textes du Code de la presse». La coordination qui voit dans cette attaque une volonté de museler la presse, «dans un contexte où cette vaillante corporation n’a pas fini de pleurer la perte de soldats de la démocratie», dénonce vigoureusement les actes posés par les disciples de Moustapha Sy.
C’est ce lundi, sur les coups de 13h 30, qu’un groupe d’individus a saccagé la rédaction du journal, occasionnant des dizaines de millions de dommages matériels. Cette attaque fait suite à un article paru en Une du journal Les Echos, informant que le guide religieux des Moustachidines, Moustapha Sy, était positif au Covid-19 et interné à l’hôpital Principal. Au total, près de 8 ordinateurs ont été détruits par ces jeunes disciples ainsi qu’une télévision.

Abdoulaye Diop condamne
C’est au lendemain de l’attaque que le ministre de la Culture et de la communication à réagi. Dans un communiqué de presse, l’autorité condamne fermement ces actes. «Tout en exprimant mon entière solidarité au directeur de Publication et aux travailleurs, je condamne fermement de telles dérives qui n’honorent pas leurs auteurs et qui ne peuvent aucunement être tolérées. Le Sénégal est un Etat de droit où la liberté de presse est un acquis fondamental consacré par la Constitution», écrit Abdoulaye Diop. Le ministre profite aussi de l’occasion pour appeler à la retenue. «J’en appelle à la retenue et au sens des responsabilités de tous pour que les efforts de notre pays, résolument déployé vers la lutte contre le Covid-19, ne soient pas affaiblis par des pratiques aussi abjectes.» Le ministre se dit convaincu que des suites appropriées seront réservées à la plainte déposée contre les auteurs de ces actes. Avec l’arrestation de six individus, ce souhait est en passe de se concrétiser. Reste à espérer que ce dossier ne soit pas traité comme les autres agressions dont des journalistes et des maisons de presse ont été les cibles, et qu’il connaisse une suite judiciaire.

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