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Conscient de la pollution de la Falémé, Saër Ndao, gouverneur de Kédougou, est à la pointe du combat pour la sauvegarde du fleuve. Il espère un changement de comportements, la fin de l’utilisation des produits chimiques sur les sites d’orpaillage qui ont détruit l’écosystème de la zone. Au grand dam des populations qui ont perdu leurs sources de revenus avec la disparition de leurs activités productrices.

«La Falémé a complétement subi les actions néfastes de l’homme. Le fleuve est lié à l’exploitation artisanale de l’or. Qui dit exploitation traditionnelle de l’or parle d’utilisation de produits toxiques. Et ces derniers ont complétement détérioré la Falémé de telle sorte que maintenant les populations ne peuvent plus exercer une activité génératrice de revenus. Je pense que c’est ça l’inconvénient majeur de cette exploitation artisanale. Nous devons revoir le système de l’exploitation.
Au niveau de toutes les deux rives, vous avez vu qu’aussi bien la rive droite et gauche les deux populations s’adonnent à cette activité. Maintenant, ça contribue à ce qu’on appelle faire partir la biodiversité. Nous ce que nous préconisons sur cette zone, c’est d’essayer d’amener les gens à conserver la biodiversité parce que l’effet de changement climatique que nous sommes en train de subir au Sénégal peut être au moins contrecarré par une bonne préservation de la biodiversité. Maintenant, si nous ne prenons pas les dispositions qui s’imposent pour préserver le cadre naturel…
Jadis, beaucoup de femmes s’adonnaient à certaines pratiques génératrices de revenus au niveau de la Falémé, et maintenant ce n’est plus possible. Autour de la Falémé, on pouvait pratiquer la culture des légumes en toute saison, mais aujourd’hui avec la toxicité au niveau de ce fleuve on ne peut rien faire là-bas. Ça porte un lourd préjudice au développement de la base, car il y a une bonne partie des populations qui y tiraient leurs revenus et qui essayaient par ce système-là de s’approvisionner. Mais actuellement c’est complétement souillé, le niveau de toxicité fait que les populations ne peuvent plus utiliser cette eau ni fréquenter la zone. Voilà le constat amer sur la Falémé. Le ministre de l’Environnement est très avancé sur cette question. Il est en train de mettre en place un dispositif qui permet aux zones qui utilisent le mercure de voir comment recourir à d’autres pratiques. Récemment on a été convoqué à Dakar pour mettre en place ce cadre. On est en train de voir comment mettre ce cadre au niveau de Kédougou, partager les informations et essayer d’élaborer des stratégies de mise en œuvre dans le cadre d’une planification concertée avec l’ensemble des acteurs pour qu’on aille vers une sensibilisation et que chacun abandonne cette pratique néfaste. On pourra avoir d’autres alternatives qui ne portent pas atteinte à l’environnement et qui peuvent donner des résultats attendus.»

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