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Le Cilss veut 200 à 300 milliards de F Cfa pour mettre en œuvre des activités liées à l’exploitation des énergies domestiques et renouvelables dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience à l’insécurité nutritionnelle du Sahel (P2rs). Pour le secrétaire exécutif du Cilss, Djimé Adoum, on ne peut se développer sans sources d’énergie durable.

«Redonner du souffle à l’écosystème des pays du Sahel, malmenés par un climat peu favorable et des effets du changement climatique» : C’est l’ambitieux programme que le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss) veut mettre en œuvre. Il mise ainsi sur l’exploitation des énergies domestiques et renouvelables avec un budget de 200 à 300 milliards pour un début. Déjà, le Cilss peut compter sur l’appui financier de la Bad qui juge ce programme pertinent et cohérent puisque faisant partie des 5 objectifs de la banque, à savoir : éclairer l’Afrique. Le secrétaire exécutif du Cilss, Djimé Adoum, qui se réjouit du soutien de la Bad, estime que l’Afrique ne peut plus continuer à travailler de manière assez minime face aux gros problèmes. «Aux gros problèmes, il faut de gros moyens et nous appelons les partenaires et les gouvernants à trouver cette somme pour débuter et pourquoi ne pas aller jusqu’à 1 000 milliards», dit-il.
Et le but de ces consultations de trois jours avec les 13 pays membres du Cilss est de mettre en évidence les expériences et les acquis, l’expertise dont nous avons dans les tiroirs et faire en sorte que nous puissions monter un programme d’énergie renouvelable et le mettre dans le contexte du changement climatique. «Nous allons profiter des occasions offertes par les Cop 21, 22 et 23 pour dire que l’Afrique, notamment le Cilss, et son espace Cedeao-Uemoa ont pris note des défis majeurs auxquels leurs pays font face. Nous allons vers nos partenaires avec des recettes techniques et scientifiques apporter des réponses potentielles étant donné que nous ne sommes pas de grands pollueurs», plaide-t-il. Poursui­vant, il ajoute que le Cilss a également plus jamais besoin d’une oreille attentive et d’un appui politique des gouvernants de la région. Ce, d’autant que le constat est que jusqu’ici, la valorisation des énergies renouvelables reste marginale malgré l’existence d’énormes potentialités en la matière. Le représentant résident de la Banque africaine de développement, Fellah Hatem, estime ce potentiel à 310 giga watt d’ici 2030. Ce qui, selon lui, place le continent comme le premier producteur d’énergie renouvelable dans le monde.
Le Cilss déjà avait lancé en 2001 le Programme régional de promotion des énergies domestiques et alternatives au Sahel (Predas) qu’il a piloté jusqu’en 2012. Le but était d’aider les Etats membres à organiser durablement l’approvisionnement et l’utilisation rationnelle des énergies domestiques des populations sahéliennes, sans préjudice pour l’environnement. Mais ce programme n’a pas permis d’obtenir les résultats escomptés à cause de bon nombres d’obstacles, notamment la prise de conscience insuffisante des décideurs, des faiseurs d’opinions et de la société civile, du rôle majeur de l’arbre dans l’économie et la sécurité énergétique. Aussi, le Cilss a pointé du doigt la mise en œuvre incomplète des politiques, des stratégies et programmes relatifs à la biomasse énergie. Egalement, la faiblesse des capacités techniques et institutionnelles des acteurs publics et privés du sous-secteur bois-énergie. Toutes choses qui entraînent une mauvaise gouvernance du sous-secteur bois-énergie par ses acteurs dans la sous-région du Sahel, entraînant une dégradation de l’environnement et des conditions de vie de plus en plus difficiles.
ndieng@lquotidien.sn

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