PARTAGER

La 20e édition du fanal de Saint-Louis a vécu à la mythique Place Faidherbe. La structure Djalloré production de Marie Madeleine Diallo, organisatrice de l’événement, a ébloui le public par un spectacle son et lumière sur l’histoire de Hamet Birom Mody Komé, venu de Wallaldé à Saint-Louis à dos de crocodile pour épouser une femme. Une histoire mise en scène par Jean Pierre Leurs.

Du spectacle, du son et des lumières, tout y était à l’occasion du passage du fanal à la Place Faidherbe de Saint-Louis dans la nuit du 30 décembre, jour choisi habituellement par Djalloré production pour étaler un large pan du patrimoine culturel local. Le public a eu droit d’entrée à un spectacle son et lumière grandiose. Innovation de l’édition 2019, cette première partie a été concoctée de main de maître par le célèbre metteur en scène Jean Pierre Leurs. Selon les explications de Marie Madeleine Diallo, présidente de Djalloré production, ce spectacle qui n’a pu être réalisé comme prévu sur le fleuve Sénégal retrace le thème «Saint-Louis, Venise d’Afrique» et raconte l’histoire d’un hom­me, Hamet Birome Mody Komé, arrivé de Wallaldé (département de Podor) à Saint-Louis sur le dos d’un crocodile pour épouser une femme, Khoudia Diop, à qui on avait prédit qu’elle épousera un homme mythique qui sortira un jour du fleuve. La femme en question passait tout son temps à sa fenêtre pour guetter l’arrivée de son futur époux.
L’histoire et tout le décor ont été reconstitués à la Place Faidherbe devant un nombreux public et avec la participation de l’artiste musicien Baba Maal. Le spectacle son et lumière a ensuite laissé place au passage du fanal, plus précisément de trois fanaux représentant des édifices réalisés par le gouvernement. Le premier représente la réhabilitation de l’aéroport de Saint-Louis dont les travaux ont été lancés le 21 décembre dernier par le président de la République. Le deuxième fanal, d’une longueur de 8 mètres, représentait le premier bateau qui a effectué des opérations de forage pour trouver du pétrole ou du gaz sur les côtes saint-louisiennes, tandis que le troisième était une représentation du complexe sportif Dakar Aréna.

Une tradition héritée des Signares
Selon la présidente de Djalloré production, le fanal a été créé par les Signares au 18e siècle. A la veille de Noël, ces riches femmes métisses se rendaient à la messe de minuit parées de leurs plus beaux bijoux et accompagnées par leurs esclaves. Ces derniers portaient des lanternes illuminées de l’intérieur par des chandelles et attendaient leurs patronnes dehors avant de quitter les lieux dans une lente procession dans les rues de l’île. Cette coutume est devenue finalement une fête traditionnelle au fil du temps. De lanternes de bois et papiers, on en est arrivé à de gigantesques créations représentant le plus souvent de grands bâtisses, édifices ou monuments de la ville comme la grande mosquée, l’église, le Palais du gouverneur ou le pont Faidherbe mettant ainsi en valeur le patrimoine architectural de la ville de Saint-Louis. La conception du fanal est en général confiée aux menuisiers ébénistes des différents quartiers qui rivalisent d’imagination et de créativité. Longtemps abandonné et tombé en désuétude, le fanal a été réhabilité par Marie Madeleine Diallo à travers sa structure Djalloré production. La manifestation se tient désormais annuellement, mais avec beaucoup de difficultés, fait remarquer Mme Diallo qui ne dispose pas souvent des soutiens nécessaires alors que le fanal peut être répertorié parmi les éléments du patrimoine culturel local pouvant participer à vendre la destination Saint-Louis.
cdiongue@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here