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L’acte 2 de la construction de la digue de protection de la Langue de Barbarie a été posé hier par l’Agence de développement municipal (Adm). Cette réalisation entre dans le cadre du Projet de protection côtière à Saint-Louis (Ppcs) et va coûter 10,5 milliards F Cfa.

La construction de la digue de protection de la Langue de Barbarie est un enjeu colossal pour la ville de Saint-Louis. Mais il a fallu plus de deux ans pour que le premier jalon de son édification soit posé par l’Agence de développement municipal (Adm). Elle est maître d’œuvre du projet de protection côtière de Saint-Louis dans le cadre duquel seront effectués les travaux de construction de la digue de protection côtière de la Langue de Barbarie. Ce projet d’une très grande envergure avait été annoncé en février 2018 par le Président Français Emanuel Macron, lors d’une visite qu’il avait effectuée à Saint-Louis en compagnie du Prési­dent Macky Sall et du président de la Banque mondiale.
A l’époque, le Président français avait engagé son pays aux côtés du Sénégal pour réaliser des travaux de protection du littoral saint-louisien, menacé par l’érosion marine. L’Adm a lancé une campagne de sensibilisation et de communication en adoptant une démarche inclusive dans les trois sous-quartiers de la Langue de Barbarie pour informer les communautés sur les véritables enjeux du projet, mais aussi leur fournir des informations détaillées sur les procédures d’exécution du programme et les dispositions environnementales, sociales et sécuritaires pour les amener à se l’approprier. Aldiouma Cissé, coordonnateur du Projet de protection côtière de Saint-Louis (Ppcs), explique les enjeux : «La nouvelle digue qui sera très différente de l’ancienne, construite en gabion au quartier de Goxu Mbacc, sera installée sur un linéaire de  2 150 mètres sur tout le long de la Langue, de Goxu Mbacc au quai de pêche de Guet-Ndar, en passant par Ndar-Toute. Ce sera, fait-il savoir, un ouvrage de dernière génération qui a pour objectif de stopper le trait de côte et ainsi de protéger les populations et leurs biens du risque d’érosion côtière et de l’avancée de la mer dans les quartiers de la Langue de Barbarie menacés en permanence par les changements climatiques qui se manifestent par l’érosion du littoral, entraînant le recul de la ligne de  rivage et provoquant très souvent des houles suivies de submersion marine et d’inondations.» Le coordonnateur du Ppcs ajoute : «Les travaux de construction de la nouvelle digue, contrairement à celle construite à Goxu Mbacc pour prendre en charge l’urgence, se feront grâce à un système d’enrochement avec l’aide de roches d’une à 2 tonnes, capables de résister à l’érosion.»
Le lancement des travaux a été effectué par le ministre de l’Aménagement du territoire Omar Guèye et l’ambassadeur de France au Sénégal au mois de mars. Ce projet a été initié suite à une demande formulée par le maire Mansour Faye le 12 décembre 2017, lors du «One planet summit». Il avait demandé à la communauté internationale de se pencher sur la problématique de l’avancée de la mer à Saint-Louis, notamment dans la Langue de Barbarie. «C’est lors de la visite conjointe à Saint-Louis des Présidents Macky Sall du Sénégal et Emmanuel Macron, accompagnés par le président de la Banque mondiale, que la décision de construire une digue de protection dans la Langue de Barbarie a été prise le 3 février 2018», explique Omar Guèye.
Mais la réalisation de ce projet avait des impairs : le Sénégal et ses partenaires avaient d’abord décidé de mettre en place un projet de relogement des populations impactées par l’avancée de la mer dans la localité de Djougop, située dans la commune de Gandon où dans un premier temps elles ont été relogées dans des tentes avec toutes les commodités. Ces tentes seront dans un proche avenir remplacées par des habitations en dur grâce à un financement de la Banque mondiale. Ce projet dénommé Projet de relèvement d’urgence et de résilience à Saint-Louis (Serrp) est également piloté par l’Agence de développement communal. A la fin des travaux, la Langue de Barbarie, qui était jusque-là menacée de disparition, devrait normalement prendre un nouveau départ.
Il faut savoir que les travaux seront exécutés en 18 mois et sont financés à hauteur de 10,5 milliards de F Cfa par l’Agence française de développement (Afd). La France a plus précisément contribué pour plus de 6,5 milliards Cfa sous forme de prêt et près de 4 milliards Cfa en don. Alors que le gouvernement du Sénégal va supporter tous les impôts et taxes. Les travaux seront effectués par le groupement d’entreprises Eiffage-Cse.

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