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Le philosophe-écrivain, Alpha Amadou Sy, a présenté samedi dernier à Saint-Louis, son nouveau livre Leurres et lueurs dans l’espace politique francophone. Un ouvrage dans lequel il tire le bilan du processus de démocratisation de l’Afrique 25 ans après le sommet de la Baule de 1990, un sommet au cours duquel l’Afrique avait été sommée de se mettre à l’ère de la démocratisation sous peine d’être privée des aides, dons et crédits.
Ce livre est en effet, selon l’auteur qui s’exprimait devant un parterre d’intellectuels, amis, parents et autres invités, un effort de réflexion sur les 25 ans pendant lesquels on a essayé des expériences démocratiques en Afrique au lendemain du célèbre et historique sommet de la Baule. Il a tenté dans cet ouvrage de faire un bilan de ces années d’expérience démocratique.
Pour Alpha Amadou Sy, qui justifiait le choix de cette époque comme point de départ de son analyse, l’Afrique doit regarder l’avenir. Mais pour cela, il faut faire un retour dans le passé afin de bien maîtriser le présent et pouvoir se projeter dans l’avenir. Il s’agit ainsi, explique-t-il, de partir du sommet de la Baule qui n’est pas pour lui le début de l’expérience démocratique en Afrique mais plutôt un moment très fort pour essayer de voir les goulots d’étranglement de la démocratie en Afrique, de voir les avancées et de voir ensuite ce qu’il faut faire dans le futur.
L’auteur est parti de faits concrets qui se sont déroulés, entre autres, en Rdc, en Côte d’Ivoire, au Mali et dans une moindre mesure au Sénégal, pour faire constater que la démocratie a du mal à faire ancrage sur le sol africain. Dans son analyse, il a essayé d’identifier les difficultés rencontrées dans le processus de démocratisation en Afrique et les causes de ces difficultés.
Mais Alpha Amadou Sy ne s’est pas juste arrêté à cet exercice, car il a aussi ébauché des pistes de solutions qui constituent en quelque sorte une invite à la réflexion sur les solutions à apporter à cette sorte de crise de nos démocraties mais aussi une invite aux intellectuels et chercheurs à connaître les enjeux du savoir. En effet pour Alpha Sy, ce qui fait la force des Européens contrairement aux Africains, c’est qu’ils ne font rien sans le savoir. De la même façon, souligne-t-il, pour progresser, les Africains doivent pousser la réflexion pour comprendre nos problèmes et nos difficultés afin de trouver les bonnes solutions et éviter, du coup, que l’Occident nous dicte ce qui est bon ou mauvais pour nous.
Alpha Amadou Sy, qui a fait les éloges de la presse qui a joué sa partition selon lui dans le processus de démocratisation des pays Africains, a essuyé lors de cette cérémonie de dédicace, des critiques qu’il a qualifiées de non fondées par moments. Car, pour lui, son analyse a porté sur une époque où la presse a joué un rôle fondamental, notamment la période de 2000 à 2012 pendant laquelle la presse sénégalaise par exemple a beaucoup participé à la dynamique citoyenne qui nous a valu de grands bonds en avant dans le processus de démocratisation de notre pays et l’installation de l’Etat de droit.
Philosophe de formation, Alpha Amadou Sy est auteur d’une dizaine d’ouvrages. Pré­sident de la section sénégalaise de la Communauté africaine de culture (Cacsen), il pilote aussi les comités d’organisation de la fête internationale du livre de Saint-Louis et du Festival international de poésie de la même ville.
cndiongue@lequotidien.sn  

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