PARTAGER

A l’image de beaucoup d’autres secteurs, celui du transport est également sérieusement affecté par la crise sanitaire du coronavirus qui sévit dans notre pays depuis deux mois. A Saint-Louis, les acteurs de ce secteur sont dans une passe extrêmement difficile.

Les transporteurs saint-Louisiens broient du noir depuis maintenant plusieurs semaines, selon Birane Seck, président du regroupement des chauffeurs de la région. Il fait savoir en effet, que depuis le 23 mars 2020, date à laquelle le gouvernement a décidé d’interdire temporairement, le transport interurbain, tous les chauffeurs concernés par ce segment sont au chômage pour avoir garé leurs véhicules, perdant ainsi leur seule source de revenus. Cette situation qui a aussi impacté les propriétaires a provoqué, d’après M. Seck, le désarroi dans de nombreuses familles, qui peinent à joindre les deux bouts.
Même son de cloche du côté des propriétaires de bus Tata. Leur porte-parole, Khalifa Ndiaye, enfonce d’ailleurs le clou. Pour lui, les transporteurs sont devenus «des morts ambulants». Le transporteur déplore comme son camarade, le système mis en place par les autorités qui les obligent à ne transporter qu’une dizaine de personnes aussi bien à l’aller qu’au retour. Un système qui, selon lui, a réduit drastiquement les recettes journalières. Le peu qu’ils encaissent ne permettant même pas de couvrir les dépenses, ce qui oblige les propriétaires à prendre souvent de leur poche pour payer le carburant à la fin de la journée. Un manque à gagner qui a fini de mettre à genoux le sous-secteur du transport des bus Tata, selon le responsable de ces véhicules de transport en commun.
S’agissant des taxis, les chauffeurs et propriétaires vivent également la même situation. Le président du regroupement régional des chauffeurs indique que les chauffeurs ne parviennent plus à assurer correctement le versement quotidien. En effet, explique-t-il, la plupart d’entre eux ne parviennent même plus à reverser à leur employeur 5000 francs Cfa, alors que d’habitude, ils reversaient 10 mille francs. Cela met par conséquent, les propriétaires dans une situation assez difficile. Des chauffeurs rencontrés dans la circulation poussent d’ailleurs, le bouchon plus loin. La quasi-totalité d’entre eux disent vivre cette situation très difficilement, car ils ne parviennent plus, comme l’a indiqué le président du regroupement des transporteurs, à s’acquitter du versement quotidien. Les sommes encaissées n’étant utilisées que pour assurer les charges liées à l’achat du carburant.
Face à ces difficultés, le président du regroupement régional des chauffeurs tire la sonnette d’alarme face aux maigres moyens dont dispose le regroupement pour de petits gestes destinés à accompagner les chauffeurs nécessiteux. Les transporteurs interpellent d’ailleurs l’Etat sur l’urgence de la mise en place de l’appui annoncé par le président de la République au secteur du transport. Pour le président du regroupement, l’aide de l’Etat annoncée en grande pompe se fait encore attendre par les chauffeurs dont la plupart broient du noir avec l’arrêt brusque du trafic interurbain et le ralentissement des activités dans les segments du secteur.
Toutes choses qui font que les transporteurs invitent l’Etat à leur venir en aide dans l’urgence, pour mettre fin au calvaire des nombreux pères de famille qui ne savent plus où donner de la tête.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here