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Pourquoi les femmes ne sont pas assez présentes dans le jazz ? La journaliste culturelle Oumy Régina Sambou a une réponse. «Avant un chef d’œuvre il faut un brouillon, les hommes sont le brouillon», assène-t-elle. Pour la présentatrice, «il  faut qu’on arrête d’en parler et poser des actes»

«Avant un chef d’œuvre il faut un brouillon, les hommes sont le brouillon !» Un chouan provocatrice, la journaliste culturelle Oumy Regina Sambou vient trancher le débat sur la place de la femme dans la musique en général et le jazz en particulier. Elle intervenait à la Rts Saint-Louis sur le thème de la 27ème édition du Festival international de Jazz, une émission offerte par la Bicis et la fondation Bnp Paris bas. L’ancienne présentatrice de l’émission «Culture en fête» sur la radio privée dakaroise Sud fm estime qu’analyser, devant un micro, la prouesse de la gent féminine n’apporte rien à la cause. «Il  faut qu’on arrête d’en parler et poser des actes», a-t-elle dit.
Sur la même lancée, Bigué Bob, la responsable Culture du journal Enquête, propose un début de solution : «Il faut d’abord donner à la femme la chance de montrer ses talents.» Le seul fait de les cataloguer aux métiers de violoniste ou de pianiste est assez symbolique de la mentalité misogyne, indique Bigué Bob. «Les femmes sont capables de faire autre chose, il faut qu’on les considère, elles valent mieux que là où on veut les confiner. Les femmes peuvent faire plus : il n’y a pas mieux que les femmes pour transmettre des émotions», a-t-elle plaidé.
Pour Alassane Cissé, directeur de publication du journal Patrimoine, «nous avons connu des féodalités religieuses et traditionnelles. Qui ne voyaient pas la percée féminine, même si elles ont joué un grand rôle dans l’histoire. A Saint-Louis, des femmes ont montré la voie : Diabou Seck, Aminata Fall (première femme jazz woman du Sénégal) ont été de grandes chanteuses de jazz».
Pour autant, Mansour Sow, ancien de la Rts, pense que le thème de cette édition n’obéit qu’à une logique mercantile, rien de plus. «On a la manie de créer des trucs dédiés aux femmes. Le fait de leur dédier le 8 mars est un début d’injustice. Donc, les 26 autres éditions ont été consacrées aux hommes ? Non, c’est juste du marketing, il faut vendre Saint-Louis jazz. Le festival est en train de se transformer en une grosse machine alors c’est bien pour la culture», a-t-il répondu.
Plus mesuré, Aboubacar Cissokho, journaliste indépendant, se positionne en défenseur de la cause féminine. «Dire femme et jazz, c’est reconnaître qu’on ne les considère pas comme artistes. Les femmes sont dans la musique et je ne vais pas insister sur ça», a-t-il dit.

mgaye@lequotidien.sn et cndiongue@lequotidien.sn

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