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Les soucis économiques de l’association Saint-Louis Jazz ne sont plus un secret mais leur ampleur n’est pas encore bien connue ! En effet, depuis 2015, l’association n’a pas réglé sa facture à la Société sénégalaise des droits d’auteur et droits voisins (Sodav). Et le montant s’élève à 9 millions 924 mille 090 Cfa, sans compter l’édition de cette année que la Sodav a failli interrompre. Pourtant, Me Ibrahima Diop avait assuré que «90% des dettes de Saint-Louis jazz ont été payés».

Arrêter les festivités du Saint-Louis jazz ! La menace a longtemps plané sur cette 27ème édition qui a baissé les rideaux avant-hier mardi 30 avril 2019. En effet, La  Société sénégalaise des droits d’auteur et droits voisins (Sodav), «n’ayant pas autorisé l’édition de 2019», a saisi le président du Tribunal de grande instance de Saint-Louis pour réclamer le paiement des redevances accumulées depuis 2015. C’est 9 millions 924 mille 090 Cfa que l’association Saint-Louis Jazz devrait verser en guise de redevances à la Sodav, assure Cheikh Thiam. Le directeur de la Perception et de l’exploitation du répertoire explique cette décision : «Depuis le 29 avril, nous sommes là pour recouvrer les arriérés de paiement de Saint-Louis Jazz. Ils n’ont pas réglé les droits depuis 2015. En 2018, Ibrahima Touré, chargé d’assurer la restauration de Saint-Louis Jazz, avait pris l’engagement de régulariser ses engagements d’un montant de 7 millions 700 mille Cfa. Il avait promis de régler une partie de cette somme en 2018 ainsi que des arriérés. Il devait revenir pour proposer une solution pour payer les arriérés. Il n’est pas venu. La somme globale, compte non tenue de l’édition de 2019, s’élève à 9 924 090 Cfa.» Un geste que le président de l’association organisatrice du festival Me Ibrahima Diop qualifie «d’inélégant». Il indique «avoir émis un chèque de 500 mille Cfa dans la nuit du mardi 30 avril 2019 quand les gens de la Sodav ont amené un commandement de payer».
En outre, le vice-président de l’association Saint-Louis Jazz a demandé la réévaluation de la dette. Car, explique Fara Tall, «je n’ai été au courant que mardi soir. On ne refuse pas de payer. Qu’ils nous disent sur la base de quoi on doit payer 10 millions Cfa. Une évaluation obsolète de la scène mise à notre disposition par le ministère de la Culture a fait grimper la note de la Sodav». Pour autant, le directeur de la Perception et du répertoire de la Sodav a assuré que sa structure était disposée à les écouter mais «ils ont refusé de payer (…) Un huissier a fait le constat car le fait d’exécuter des œuvres en public sans l’autorisation des auteurs constitue un flagrant délit. Et le mode exécutoire consisterait à arrêter l’exécution et de saisir le matériel servant de diffusion. On a servi une assignation à l’association Saint-Louis Jazz. Ils ont 24 heures pour répondre sinon l’affaire sera traduite en justice». Ce qui contraste avec les propos de Me Ibrahima Diop en marge de la réception du ministre de la Culture : «90% des dettes de Saint-Louis jazz ont été payés», affirmait-il en ce moment.

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