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Deux enseignants de l’Ugb ont présenté mardi leur ouvrage intitulé «Famille et politique en Afrique». Le Sénégalais Ibou Sané et le prêtre camerounais Jean Claude Angoula constatent l’ampleur de ce phénomène dans le continent et attirent l’attention des hommes politiques sur les conséquences qui peuvent en découler.

Famille et politique en Afrique : Les universitaires Jean Claude Angoula et Ibou Sané ont ratissé large dans leur livre pour faire un petit tour dans certains pays du continent où l’implication de la famille dans la politique fait débat. Pour le Professeur Sané, le Sénégal l’a connu sous Wade et aujourd’hui sous Macky Sall. Mais il y a surtout le Gabon, le Togo, la Guinée Equatoriale, la Guinée, la Tunisie, la Lybie et beaucoup d’autres pays où ces exemples font légion. «L’intérêt de faire ces études de cas localisées, c’est d’attirer l’attention des gouvernants, de la société civile et des populations en particulier sur la montée en puissance de ce phénomène qui risque de plomber le développement de l’Afrique si on n’y prend garde. Il aurait été plus intéressant en Afrique et au Sénégal en particulier qu’il y ait moins d’implication de la famille dans la politique. Cela est trop risqué, car la politique est enchâssée dans le social, l’économique et le religieux. Et du coup, l’homme politique coincé est obligé de naviguer entre ces différents registres pour arriver tant soit peu à mettre en place les mécanismes qui lui permettent de dérouler sa feuille de route très correctement», a indiqué le Professeur de sociologie à l’Uni­versité Gaston Berger de Saint-Louis. Loin de vouloir jeter l’anathème sur les hommes politiques seulement, il précise que le livre est aussi «une invite à la population africaine à ne pas trop surcharger l’homme politique et à l’amener à prendre des décisions qui le conduiraient à l’accaparement des fonds publics et finir par être traqué parce qu’il a utilisé les fonds publics pour aider sa famille et son entourage». Dans cette lecture sociologique de la famille dans la politique, il constate : «La nature de la famille africaine qui est très élargie ne facilite pas les choses.»
Toutefois, le Professeur Ibou Sané a vite fait de faire remarquer que ce phénomène n’est pas propre à l’Afrique. Pour preuve, il a cité les exemples des Etats-Unis avec «le phénomène Trump» avec une implication de la famille dans la gestion des affaires. Il y a également le cas du Français François Mitterrand dont le fils était fortement impliqué dans les affaires. Pour échapper aux dérives, le Pro­fesseur Sané et son collaborateur Jean Claude Angoula suggèrent aux chefs d’Etat et aux hommes politiques africains de façon générale «de savoir raison garder en évitant de saisir la première opportunité pour s’entourer des membres de leur famille, de leur clan, de leur ethnie, de leur région pour sauvegarder les intérêts du Peuple».

cndiongue@lequotidien.sn

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