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La Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) continue d’exiger la lumière sur la mort de Mouhamadou Fallou Sène, tué par balle le 15 mai dernier lors d’affrontements avec les Forces de l’ordre au campus. En hommage à cet étudiant, elle a inauguré hier un monument en sa mémoire après avoir décrété une journée noire.

L’émotion étreint les étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. C’était une marche silencieuse. Une ambiance de deuil. La Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) a organisé cette manifestation après avoir décrété une journée noire pour rappeler la mort de Fallou Sène, mais la revendication est toujours la même malgré la douleur : «Il n’est pas question de ranger cette affaire dans les tiroirs et ainsi oublier leur camarade.» Pour que le défunt ne tombe pas dans l’oubli, ils ont érigé une stèle qu’ils ont inaugurée hier. «Nous venons d’inaugurer le monument Fallou Sène, un camarade lâchement assassiné par un gendarme à l’intérieur du campus, pour qu’on ne l’oublie jamais», avance Alioune Guèye, président de séance de la Cesl. Il ajoute, pour afficher leur détermination : «D‘autres actes forts seront posés en collaboration avec des organisations de défense des droits de l’Homme pour que justice soit faite.» Il s’agit de la condamnation de l’auteur du crime qui court depuis 8 mois. «Grâce à l’entregent du secrétaire exécutif d’Amnesty international, Seydi Gassama, un avocat a été commis pour nous accompagner et défendre le dossier afin qu’il y ait procès parce que depuis plus de 8 mois, les choses traînent et l’Etat ne veut aucunement prendre ses responsabilités pour juger l’affaire. Pourtant, tous les dossiers qui les intéressent pour sanctionner X ou Y sont jugés en un temps record. Pourquoi ce dossier dont on sait de quel côté la balle est tirée tarde-t-il à être traité ? Que les autorités arrêtent de nous tympaniser en disant que la justice a son propre rythme ! En tout cas, nous ferons face et continuerons le combat jusqu’à obtenir gain de cause», avertit-il. Les étudiants n’excluent pas également de réactiver le mot d’ordre de grève pour se faire entendre. «Des stratégies seront mises en place par la Cesl, parce que nous avons la lourde tâche de défendre les causes et les intérêts des camarades. Les étudiants sont imprévisibles et à tout moment nous pouvons déployer la lourde artillerie», avertit Alioune Guèye qui a lancé un appel aux étudiants des autres universités à s’associer à leur combat. «La solidarité entre étudiants est une arme très forte que nous devons utiliser pour l’amélioration des conditions de vie et d’études de nos pairs. Restons unis et vigilants !», suggère-t-il.
cndiongue@lequotidien.sn

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