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Rendre compte des maux de la ville de Saint-Louis qui se dégrade au fil du temps et sensibiliser les populations pour susciter leur réaction afin de rendre à la vieille ville son lustre d’antan, c’est l’exercice auquel s’est soumis le jeune artiste photographe, Massaw Ka, à travers une exposition de photos du 16 au 28 février à la galerie du Fleuve, sise à l’Institut français.

Le pont Faidherbe illuminé la nuit dans un décor fantastique, le fanal symbole de la culture saint-louisienne, une vue de la berge du fleuve Sénégal, les pirogues de Guet-Ndar amarrées sur le petit bras du fleuve, un large pan de cette même berge où jonchent des tas d’immondices ou encore des images de fortes personnalités de la ville comme le journaliste Alioune Badara Dia­gne Golbert, le Professeur Mary Teuw Niane, le chanteur Souley­mane Faye ou encore le défunt Charles Camara, homme de lettres, ce sont là entre autres les images photographiées et portées sur toile par le jeune artiste photographe, Massaw Ka, qui en est à sa première grande exposition à l’Institut français Jean Mermoz. La salle était d’ailleurs trop petite pour contenir le nombreux public venu non seulement témoigner de son soutien au jeune photographe, mais aussi et surtout admirer son impressionnant talent de photographe à l’occasion du vernissage de cette exposition intitulée «Ndar sama nataal». Cette dernière qui met en scène pratiquement l’ensemble des problèmes de la ville tricentenaire est, selon son auteur, une façon d’attirer l’attention des Saint-louisiens et surtout de les sensibiliser sur l’état de dégradation très avancée de leur ville qui continue de subir les assauts de la nature et même de ses habitants. C’est aussi une façon, ajoute-t-il, de les sensibiliser sur leurs responsabilités sur cet état de fait.
L’artiste qui a beaucoup voyagé, pratiquement dans toutes les régions du Sénégal, dit avoir constaté que la ville de Saint-Louis a beaucoup perdu de sa splendeur. Belle la nuit, elle offre une image très laide le jour à cause de la dégradation progressive de son patrimoine et l’insalubrité galopante. Toutes choses qui font que Massaw Ka prend la parole à travers ses images pour inviter ses concitoyens à se poser des questions et à s’interroger sur leurs propres responsabilités. «Nous avons l’habitude de tout mettre sur le dos de la mairie, mais nous aussi sommes quelque part responsables. Parce que c’est nous qui salissons les berges, c’est nous qui sommes responsables de l’avancée de la mer provoquée en grande partie par l’extraction du sable marin», fait-il savoir avant d’ajouter qu’il est de notre devoir de tout faire pour rendre à Saint-Louis son lustre d’antan. D’ail­leurs, souligne-t-il, cette exposition est un acte posé en ce sens.
Par ailleurs, Massaw Ka qui a également fixé son objectif sur des personnalités remarquables de Saint-Louis, a expliqué avoir choisi de les mettre en exer­gue d’abord pour leur rendre hommage et ensuite les offrir en exemple à la jeune génération afin qu’elle s’engage aussi dans le combat pour sauver Saint-Louis.
Le public qui s’est déplacé en grand nombre peut encore admirer le grand talent du jeune photographe jusqu’au 28 février à la Galerie du fleuve.
 cndiongue@lequotidien.sn

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