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C’est un procès très attendu qui s’est ouvert ce lundi matin à Bruxelles, en Belgique. Salah Abdeslam, seul survivant des commandos jihadistes du 13 novembre 2015, comparaît pour la première fois. Le Parquet belge a requis 20 ans de prison contre les deux prévenus pour leur participation présumée à une fusillade avec des policiers à la fin de la cavale du terroriste présumé en mars 2016. Dès le début du procès, l’accusé a refusé de répondre aux questions du Tribunal.

Toute l’audience était suspendue à l’attitude de Salah Abde­slam, mutique depuis des mois. Allait-il sortir de son silence, ce silence qui avait conduit son avocat belge Sven Mary à jeter l’éponge, avant de se raviser ?
Non, Salah Abdeslam l’a dit au Tribunal, il ne parlera pas. «Je ne souhaite répondre, a-t-il précisé, à aucune question». «Et pourquoi être là» ? rétorque alors vivement la présidente. «On vous donne la chance de vous expliquer.» «On m’a demandé de venir, je suis venu, tout simplement», répond d’une voix forte et claire Abdeslam.
L’homme a beaucoup forci en détention. Il porte une barbe fournie, des cheveux mi-longs et une veste blanche qui dénote en ces circonstances. Abdeslam ne veut pas parler. Et il se lance pourtant dans une longue tribune car, dit-il, «je suis l’acteur de ce procès, j’ai le droit de garder le silence. C’est ma défense». Et il s’en prend à la justice. «J’aimerais qu’on me juge sur des bases techniques et scientifiques et que l’on ne satisfasse pas l’opinion publique, aux médias.»
«On n’a pas de préjugés, vous pouvez vous défendre», tente la présidente. Mais le prévenu Ab­deslam ne veut rien entendre. «Ce que je constate, dit-il, c’est que les musulmans sont jugés et traités de la pire des manières.»
Il invoque ensuite le ciel : «J’ai l’islam comme religion et Maho­met comme prophète.» Et de conclure : «Faites de moi ce que vous voulez, mon silence ne fait pas de moi un criminel.»
Nécessairement, sans le principal prévenu, tant le coaccusé, Sofiane Ayari, fait figure de second couteau, les débats ne risquent pas de s’éterniser. Il n’est même pas sûr d’ailleurs que Abdeslam revien­ne à son procès. Il restera une énigme. Et cela, bien sûr, n’augure rien de bon pour le futur procès des attentats du 13 novembre qui, lui, se tiendra à Paris.

Un Palais de justice bunkerisé
Un procès qui s’est ouvert sous une surveillance extrême, avec un déploiement policier de taille, dans et hors les murs du Palais de justice de Bruxelles, autour duquel aucune voiture ne peut plus stationner. Tout le périmètre est bouclé, y compris par l’Armée belge. La salle d’audience correctionnelle, chargée de juger Salah Abdeslam et son complice Sofien Ayari (un Tunisien de 24 ans arrêté en même temps que lui), pour tentative de meurtre dans un contexte terroriste, n’accueille que peu de monde : le Tribunal, quelques parties civiles, un pool de journalistes belges, deux prévenus, leurs avocats, c’est tout. Le public et la presse – plus de 400 journalistes accrédités – sont cantonnés dans une salle voisine où le procès est retransmis.
rfi.fr

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