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Sur 15 millions d’habitants, 6 millions de contribuables, 6 millions d’électeurs, 300 mille salariés du secteur privé et 140 mille fonctionnaires payent leurs impôts au Sénégal. «A côté d’eux, vous avez 90 mille personnes qui déclarent leurs impôts et parmi eux il y a 6 mille qui les déclarent et les paient régulièrement. Sur ces 6 mille vous avez 100 entreprises qui supportent 60% des recettes fiscales», a indiqué Saliou Dièye, le président de la section fiscale de l’Ordre national des experts du Sénégal (Ones). M. Dièye, par ailleurs secrétaire honoraire de l’Union des ordres fiscaux de l’Afrique de l’Ouest (Udofao), indique que si l’on se rapporte à l’année 2018, «c’est 2500 milliards de francs Cfa qui ont été collectés au niveau du budget de l’Etat».
Ce qu’il trouve anormal et s’offusque du fait que peu de Sénégalais contribuent aux charges publiques. «Moi je considère que si vous ne payez pas vos impôts vous n’avez pas le droit d’avoir un passeport, ni une carte d’identité, encore moins de voter. En plus, il n’y a pas de corrélation entre le niveau de vie des gens et les impôts qu’ils paient», a cogné Me Dièye. Qui estime que si tout le monde payait on pourrait élargir l’assiette fiscale et obtenir une baisse de la pression fiscale.
Aux yeux de la présidente de l’Ones, Marie Madeleine Ndiaye, l’exercice de la citoyenneté veut qu’on puisse déclarer ses revenus, payer ses impôts. «Si nous voulons bénéficier d’infrastructures, accéder aux services sociaux de base, il faut aussi que nous acceptions de payer nos impôts», a-t-elle conseillé en marge d’une conférence de presse en prélude à la 6e Conférence internationale de l’Union des ordres fiscaux de l’Afrique de l’ouest (Udofao). Laquelle va se tenir pour la première fois au Sénégal les 27 et 28 février.
Un événement au cours duquel des experts fiscaux de la Cedeao vont discuter des questions fiscales mais aussi économiques, qui touchent les pays de la sous-région. Elle aura pour thème : «La mobilisation des recettes fiscales intérieures dans les pays de la Cedeao : Défis et perspectives.» Mme Ndiaye a souligné : «Ce thème va nous permettre de réfléchir sur comment, par quel moyen nous pouvons augmenter les recettes de nos pays pour moins s’endetter au plan extérieur.»
A noter que toutes ces questions seront discutées avec les autorités gouvernementales, les partenaires au développement, mais aussi avec les contribuables, avec les acteurs économiques, etc. Et à l’issue de ces rencontres, des recommandations seront faites et soumises aux autorités.

mfkebe@lequotidien.sn

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