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Les 4, 5 et 6 octobre se tient au Sénégal le Salon de l’innovation dans le secteur de l’éducation en Afrique, organisé par l’Union africaine. Les représentants des différents pays ont témoigné hier sur les innovations apportées chez eux.

Dakar accueille jusqu’à samedi le salon de l’innovation dans le secteur de l’éducation en Afrique. Hier, le Premier ministre a présidé la cérémonie d’ouverture au Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicad) de Diamnadio. Un rendez-vous d’échange d’expériences. Un pays qui manque de stabilité, la Centrafrique ne veut pas laisser le terrain aux armes. Le pays fait des innovations politiques et sociales au bénéfice de son système éducatif. C’est ainsi qu’il a procédé à une augmentation du budget alloué à l’éducation nationale. Selon son ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation technologique, il est passé de 4% au double. Ginette Mazieki Amara Ali avance aussi qu’il y a actuellement une révision des programmes de formation en cours. Et pour maintenir les filles à l’école, dit-elle, elles ont droit au redoublement au moins 2 ou 3 fois dans le domaine des sciences et technologies. Au-delà des liseuses qui permettent de stocker les fiches remises aux enseignants, elle informe que l’Université de Bangui a été dotée d’une bibliothèque numérique.
Le ministre de l’Education de base du Botswana, Hon Bagalatia Arone, a aussi parlé de l’exemple de son pays. Entre autres innovations, il a évoqué la formation des enseignants dans le domaine des Tic, l’accentuation de la formation à la petite enfance. Le pays hôte, par le biais du Pm, a rappelé la Concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur, les Assises de l’éducation et de la formation, le Conseil présidentiel tenu sous Macky Sall. Pour Mahammed Boun Abdallah Dionne, «les priorités du gouvernement en matière d’éducation et de formation sont essentiellement le développement des sciences, de la technologie, des formations professionnelles courtes et du numérique et l’amélioration de l’accès, de l’équité et de la transparence».
En ce qui concerne les efforts fournis par l’Etat, il a cité le développement de l’enseignement à distance avec l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs), dotée d’Espaces numériques ouverts (Eno), le développement du réseau des instituts supérieurs d’enseignement professionnel, mais aussi la construction des nouvelles universités, l’érection de la Cité du savoir et du Centre national de calcul scientifique à Diamniadio. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, y a ajouté la réforme dans la gouvernance universitaire avec l’avènement du Conseil d’administration dans les universités.
Par ailleurs, Sarah Anyang Agbor, commissaire des ressources humaines, sciences et technologies de la Commission de l’Union africaine, a soutenu que «l’éducation est indubitablement l’outil le plus important dont nous disposons pour réaliser notre destin en tant qu’une Afrique prospère, intégrée et paisible qui se positionne résolument dans la communauté des personnes. Si cet outil est bien appliqué avec un bon centre d’intérêt sur la science, l’ingénierie et les mathématiques, en utilisant les technologies de la communication pour assurer la qualité, l’accès, l’égalité d’opportunités pour les hommes et femmes, les populations urbaines et locales… l’éducation doit intégrer les compétences en entreprenariat ainsi que la pensée critique». Et de renchérir : «L’Afrique regroupe quelque 60% de la population mondiale, mais produit seulement 3% du Pib mondial et représente 1% de la production de recherche du monde et 0,1% des brevets». Pour elle, l’éducation ne doit pas constituer un problème, mais plutôt la solution. Elle demande un engagement politique au plus haut niveau, l’accroissement de la participation du secteur privé, la révision des programmes scolaires, l’augmentation du salaire des enseignants.
msakine@lequotidien.sn

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