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La Fédération des producteurs maraîchers de la zone des Niayes a pour ambition de promouvoir son site acquis de l’Etat depuis 1999. Au même moment, la mairie dirigée par le ministre Omar Guèye attend l’approbation de sa délibération soumise au sous-préfet pour la construction d’un stade municipal sur le même site. Une situation source de tensions à Sangalkam où tout le monde est sur le qui-vive.

L’absence des autorités municipales à la célébration de la Journée de l’horticulture au siège de la Fédération des producteurs maraîchers de la zone des Niayes (Fpmzn) est anecdotique. Entre cette structure et la municipalité de la commune, la situation est plus que tendue. La preuve, la manifestation de la Fédération s’est déroulée sous escorte de la gendarmerie. Les organisateurs ont eu recours à des gros bras, en nombre important, postés à l’entrée du siège pour parer à toute éventualité. La cause de cette tension latente, la volonté de la municipalité d’ériger un stade de football sur l’emplacement du siège des maraîchers et qui s’étend sur 6 hectares. «Ici c’est le siège de la Fédération. C’est le gouvernement qui nous l’a octroyé depuis 2001. A notre grande surprise, hier soir (lundi), des personnes envoyées par la mairie de Sangalkam sont venues ici, armées jusqu’aux dents, pour nous attaquer», a fait savoir mardi Ibrahima Mbengue, président de la Fpmzn, en marge de la célébration. «Nous avons un contrat qui date du temps du Président Abdou Diouf, en 1999. En 2001, le Président Wade l’a renouvelé pour une durée indéterminée», a-t-il poursuivi, demandant dans la même lancée au président de la République de calmer le ministre et maire de Sangalkam dans sa tentative de vouloir récupérer le site. «Nous demandons l’intervention du président de la République. Qu’il dise à Omar Guèye de cesser les actions qu’il est en train de mener contre notre organisation. S’il veut y construire un stade de 1 milliard 200 millions, nous lui disons de notre côté que nous voulons y construire une chambre froide d’une valeur de 5 milliards», a dit M. Mbengue. La légitimité de l’implantation du siège des maraîchers sur le site ne souffre d’aucune contestation, d’après Abdoulaye Diop, coordonnateur de la Fpmzn. «L’Etat avait fait un appel à candidatures pour une structure qui pouvait gérer et valoriser le site, suivant la vision et la politique de l’Etat. C’est comme ça que la Fédération, épaulée par le Conseil national des ruraux, avait postulé et gagné», a-t-il rappelé, faisant savoir que le contrat est toujours en cours. C’est une autre tonalité qui se fait entendre du côté de la mairie. «La commune de San­galkam, à travers son maire, a bénéficié d’un important projet structurant, en l’occurrence un stade municipal à hauteur de 1 milliard 200 millions francs. Le site a été identifié et la commune a délibéré en affectant l’assiette pour ce projet», a réagi Mama­dou Diop, 1er adjoint du maire de la commune, battant en brèche les arguments de la Fédé­ration. «Un privé qui l’exploite pour son compte personnel veut s’opposer à la réalisation du projet. Pourquoi notre délibération n’a pas encore été approuvée ? Le sous-préfet sait que c’est un Terrain non immatriculé (Tni) du domaine national», a-t-il ainsi servi avec l’idée que «des gens sont derrière pour bloquer le projet». Pour l’heure, les artères de la commune sont sous haute surveillance de la gendarmerie pour anticiper sur d’éventuels débordements entre deux camps qui se disent prêts à défendre leurs intérêts réciproques et divergents.
abndiaye@lequotidien.sn

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