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L’hôpital régional de Matam, construit à coûts de milliards, est malade à cause d’un manque de personnels qualifiés. Le ministère de la Santé et de l’action sociale a réaffecté tous les spécialistes du centre hospitalier, a-t-on appris de sources concordantes, car le cardiologue, le pédiatre, le réanimateur et le pharmacien ont quitté le centre et la situation est devenue plus qu’inquiétante. Dr Mamadou Demba Ndour, l’unique gynécologue-obstétricien encore en poste à l’hôpital, déplore fortement cette situation. «L’hôpital ne dispose que de trois infirmiers d’Etat, un seul généraliste et tout le personnel restant est supporté par le centre hospitalier régional de Matam, détaille-t-il. Malgré le tableau peu reluisant, les agents de l’hôpital sont repris par le ministère un à un», dit-il. En plus de ce déficit de mains expertes, il manque d’équipements.
Malgré les nombreux plaidoyers et les multiples rapports envoyés, le ministère de la Santé tarde à réagir alors que des femmes continuent à perdre la vie, regrette-ton dans les couloirs du centre hospitalier qui a fonctionné pendant deux ans sans gynécologue. L’arrivée de ce médecin-spécialiste a contribué malgré tout à la baisse du taux de mortalité maternelle et juvénile.
Face à cette situation cauchemardesque, des voix s’élèvent pour déplorer ce manque «de considération des autorités compétentes à l’endroit des populations de cette contrée». Le mouvement Yellitaare de Matam ne met pas de gants pour fustiger l’état de cet hôpital : «Il est anormal qu’un malade envoyé au service d’urgence soit consulté par un infirmier ou un paramédical, explique le coordonnateur du mouvement, Barka Ba. Le malade doit être pris en charge à l’entrée de l’hôpital par un médecin-urgentiste doté d’un minimum de paquet de soins. C’est pourquoi le mouvement Yellitaare réclame l’affectation de médecins spécialistes dans les plus brefs délais pour atténuer la souffrance grandissante des malades, soignants et accompagnants.»
d.dem@lequotidien.sn

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