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La 2ème édition des journées Khadimou Rassoul de Mboro ont vécu. Une édition marquée cette année par des consultations médicales gratuites au profit des populations de Mboro. Lesquelles consultations ont mis à nu les failles dans la prise en charge sanitaire de cette zone minière.

Dans sa quête d’appuyer les couches démunies à avoir accès aux soins de santé qui leur est difficile, mais aussi d’appuyer les habitants de Mboro, le marabout Serigne Ahmadou Mbacké, compte, dit-il, apporter sa pierre à l’édifice pour offrir aux populations des soins de santé spécialisés de qualité. Une démarche que entreprend depuis deux ans le petit fils de Serigne Fallou Mbacké, selon le coordonnateur du comité d’organisation de ces dites journées, Babacar Faye, «pour accompagner les populations de la commune de Mboro et de ses environs qui peinent à accéder à des soins spécialisés de qualité». Le censeur du lycée de Mboro d’expliquer que ces dites populations, «qui vivent dans la zone des Niayes, sont, dans le cadre de leurs activités maraîchères et commerciales, amenées à manipuler des produits chimiques extrêmement graves sans compter les émanations de gaz toxiques en provenance des unités industrielles qui entourent la ville et qui polluent l’atmosphère et la nappe phréatique». Toutes situations à risques, poursuit-il, que ces populations vivent au quotidien «sans aucun accompagnement sanitaire adéquat apte à les prendre en cas d’atteinte sérieuse». Car, déplore Babacar Faye, «la commune de Mboro ne dispose que de deux postes de santé dirigés par des infirmiers chefs de poste. Il n’y a pas un seul médecin public pour prendre en charge les patients. La conséquence en étant que, pour se faire soigner à Mboro, il faut avoir de l’argent ou alors se déplacer  jusqu’à Tivaouane pour trouver une infrastructure sanitaire apte à vous prendre en charge». C’est, dit-il, «tout le sens de la décision du marabout Serigne Ahmadou Mbacké, de commencer ces journées de prières par des consultations médicales gratuites pour alléger un tant soit peu la souffrance de ces populations. Il veut qu’au moins une fois par an, des consultations gratuites soient organisées afin de rapprocher les populations à certaines spécialités médicales».
A la question de savoir comment une localité à vocation industrielle et maraîchère comme Mboro  en est arrivée à cette situation-là, Babacar Faye d’estimer que les raisons sont diverses. «Nous avons plus de 35 mille habitants à Mboro avec un taux d’accroissement de 8,5% par an mais c’est comme s’il n’y avait pas de leader dans cette ville. La population est amorphe et personne ne dit rien. Elle aime la facilité et avait pris l’habitude d’aller squatter les installations sanitaires des Industries chimiques de Sénégal. Et aujourd’hui que les indiens sont arrivés à la tête de l’entreprise,  tout a changé et elle fait face à elle-même. Aussi, il ne leur reste que les privés ou alors parcourir de très longues distances pour se faire soigner.»
Pour sa part, le sous-préfet de l’arrondissement de Méouane, Richard Birame Faye, se félicite de cette «initiative qui se veut une réponse à une demande locale». Surtout quand on sait, reconnaît-il, «qu’il n y a que deux postes de santé dans la commune et que le centre de santé le plus proche est à Tivaouane et donc distant de 22 kilomètres». Pour dire, selon lui, «toute la pertinence d’une telle décision qui est de toute évidence un acte citoyen de haute portée». Au-delà, fait-il savoir, les pouvoirs publics sont dans les dispositions de corriger ce dysfonctionnement dans la couverture sanitaire des populations. En atteste, selon lui, la demande d’affectation de 10 hectares de terres que le ministre de la Santé avait adressée, il y a deux ans, au maire de la commune. Lequel espace est destiné à la construction d’un centre de santé de référence dit  des Niayes. Mais, regrette-t-il, la demande se heurte à une contrainte relative au fait que le seul  espace disponible dans la commune est impacté par l’exploitation des Industries chimiques du Sénégal. Toutefois, assure-t-il, l’Etat est en train de tout mettre en œuvre pour une solution alternative diligente apte à pallier cette contrainte.
nfniang@lequotidien.sn

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