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Le 10ème Congrès d’Afrique francophone d’imagerie médicale et de radiothérapie (Cafimra) se tient à Dakar. Cette rencontre de deux jours regroupe plus de 10 pays. Ce congrès est un cadre d’échanges, de partage d’expériences et de formation continue pour les associations nationales de techniciens de radiothérapie des pays membres.

Le Congrès d’Afrique francophone d’imagerie médicale et de radiothérapie (Cafimra) se veut un cadre d’échanges, de partage de bonnes pratiques et surtout de formation continue. «Les rayonnements que les techniciens utilisent ne sont pas dangereux si on les utilise bien. Par contre, ils peuvent être dangereux si on les utilise mal», soutient Philipe Gerson de la Société internationale d’imagerie médicale et de radiothérapie (Isrrt acronyme anglais). Les techniciens ont donc besoin de formation pour minimiser les risques sur les patients et sur eux-mêmes. Le Cafimra est aidé dans ce volet formation par l’Isrrt, basée à Londres. L’Isrrt, en partenariat avec le Congrès d’Afrique francophone, organise des rencontres tous les deux ans en Afrique centrale ou de l’Ouest. Des sessions de formation continue au bénéficie des membres des associations nationales d’imagerie médicale et de radiothérapie. Ce congrès est une première au Sénégal. Des ateliers de formation sur le scanner et l’Irm au profit des techniciens sont prévus durant les deux jours. «Ces derniers vont repartir dans leur service et appliquer tout ce qu’ils auront appris lors de ces deux jours au bénéfice des patients», note Philippe Gerson, vice-président de l’Association française d’imagerie médicale et de radiothérapie.

Le Sénégal ne dispose que d’une centaine de techniciens
Pour El Hadji Soulèye Lô, président de l’Association des techniciens supérieurs et manipulateurs en imagerie médicale du Sénégal, notre pays a besoin de renforcer ses techniciens en matière d’imagerie médicale. «Le plateau technique sur le plan de la radiographie est assez relevé. Toutes les régions sont dotées de radiographie numérisée. Les scanners sont disponibles dans chaque région», explique le technicien supérieur qui salue les efforts de l’Etat pour une amélioration de l’offre de soins. Mais le gros souci, relève-t-il, «c’est la qualité de ressources humaines». D’abord, «nous ne sommes pas nombreux», se plaint le président de l’Association sénégalaise qui compte une centaine de techniciens supérieurs dans tout le pays. «On est un et très rarement deux techniciens dans un poste», indique-t-il. Or «dans chaque poste, il devait y avoir trois techniciens», corrige-t-il. Il demande au ministère de la Santé et de l’action sociale de fournir encore des efforts dans le recrutement. Le Sénégal forme 15 techniciens là où la Côte d’Ivoire forme 50 par an.
A cela, il faut ajouter le manque de formation. Aujourd’hui, «il y a beaucoup de scanners en Afrique, mais les techniciens ont une formation assez limitée dans le domaine», constate Philipe Gerson. Le plus souvent, explique M. Gerson, «c’est un technicien qui vient d’Europe qui forme les gens pendant une semaine et qui s’en va après. Ce n’est pas suffisant», clame-t-il. L’Isrrt, en partenariat avec l’Université de Dakar, veut désormais aborder le problème différemment. La société internationale est venue à Dakar avec deux collaborateurs de la société Siemens. Ils veulent construire deux centres d’excellence de formation en imagerie médicale (un à Dakar et un autre au Cameroun) pour l’Afrique centrale. «Ce sont des projets que nous allons mettre en place. La société Siemens est en relation avec l’Université de Dakar pour pouvoir aider à mettre ce centre de formation en place. On en est qu’aux prémices, mais on est en train de discuter avec les autorités et elles sont très intéressées», rapporte Philipe Gerson. L’Isrrt est une association mondiale qui représente 500 mille techniciens dans le monde et qui regroupe 88 pays dont le Sénégal.
ndieng@lequotidien.sn

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