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Le gouverneur de Kolda a procédé hier au lancement officiel de la campagne nationale de la Chimio-prévention du paludisme saisonnier (Cps). Celle-ci va épargner 640 mille enfants âgés de 3 mois à 10 ans du paludisme saisonnier. Ce, d’autant que dans les régions ciblées par cette campagne (Kolda, Sédhiou, Tambacounda et Kédougou), l’essentiel des cas de palu surviennent pendant la saison pluvieuse. La cérémonie de lancement a été un moment fort de communication pour attirer l’attention des communautés sur les autres stratégies, notamment les moustiquaires imprégnées et autres qu’il ne faut pas reléguer au second plan.

Il a reçu des mains du gouverneur de Kolda sa première dose thérapeutique dans le cadre de la campagne nationale de la Chimio-prévention du paludisme saisonnier (Cps). C’est un petit comprimé que l’enfant a avalé à l’aide d’un peu d’eau devant un monde fou, venu assister à la cérémonie de lancement. Pendant les deux jours qui suivent cette première prise, ce garçon, âgé de 4 ans environ et éligible au Cps, prendra encore les deux autres doses. Ces trois prises vont le préserver du paludisme pendant les trois mois de la saison des pluies.
A l’image de ce gamin, 640 mille enfants répartis dans les régions de Kolda, Sédhiou, Tambacounda et Kédougou qui concentrent plus de 87% des cas de paludisme au niveau national vont faire le même exercice. Après ce lancement symbolique de la campagne nationale de la Cps, les relais communautaires et les bajénou gox vont sillonner les rues de la région de Kolda pour trouver des enfants âgés de 3 mois à 10 ans et leur administrer la dose. La campagne s’est déjà fixée un objectif de 95%. Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme, Omar Sarr, a profité de ce fort moment de communication pour lancer un appel aux populations afin que tous les enfants ciblés puissent être touchés par cette campagne. Pour les autorités sanitaires, la Cps est une stratégie qui va permettre aux acteurs de réduire l’incidence de la maladie «car, estime le gouverneur, c’est une méthode efficace, fiable et à faible coût».
Le premier adjoint au maire de la ville, pour sa part, a mis l’accent sur la nécessité de combiner la stratégie de la Cps avec celle des moustiquaires imprégnées. «Il ne faut prendre aucun risque», prévient-il. Pour Da­ouda Sidibé, même les enfants bénéficiant de la Cps doivent dormir sous moustiquaire im­prégnée. «Les moustiquaires doivent être utilisées selon leur objectif premier et non comme un moyen de protéger le maraîchage ou la volaille», soutient M. Sidibé. L’observation de ces bonnes pratiques, indique-t-il, pourra à coup sûr amener la région à avoir zéro cas de palu. «Ce n’est pas une illusion», souligne-t-il.
D’ailleurs, rappelle-t-il, la région de Kolda, même si elle demeure toujours dans la zone rouge, a enregistré de bons résultats dans la lutte contre la maladie. «Il y a de cela quelques années, les hôpitaux étaient submergés par des malades du paludisme, surtout en août», se souvient le 1er adjoint au maire de la ville.
Aujourd’hui, la région connaît un net recul du paludisme. Mais, indique le représentant du Conseil départemental de la ville, il faut se retrousser les manches pour faire face. Alphousseyni Ba, qui loue l’engagement communautaire et la forte mobilisation, appelle toute la région à davantage redoubler d’efforts pour bouter le paludisme hors de Kolda.
ndieng@lequotidien.sn

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