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La nouvelle carte de pointage pour suivre les progrès accomplis dans la lutte contre l’hépatite virale en Afrique subsaharienne montre des faiblesses dans la lutte contre ces maladies. Seuls 3 des 47 pays qui constituent la région Afrique de l’Orga­nisation mondiale de la Santé (Oms) sont en voie d’éliminer l’hépatite virale, selon le nouveau classement de la carte de pointage pour suivre les progrès accomplis dans la lutte contre l’hépatite virale en Afrique. L’Oms veut en faire le premier outil d’analyse de la prévalence et de la réponse à cette maladie, qui touche une personne sur 15 dans la région.

Seuls 3 des 47 pays qui constituent la région Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) sont en voie d’éliminer l’hépatite virale. L’Oms a établi un nouveau classement qui se veut la première analyse de la prévalence de l’hépatite et de la réponse à cette maladie qui touche une personne sur 15 dans la région. «Cette analyse est la première à étudier chaque pays de la région africaine et à évaluer les progrès vers l’objectif de sauver la vie de plus de 2 millions d’Africains qui pourraient développer une hépatite B ou C progressive au cours de la prochaine décennie si ces pays n’intensifient pas leurs efforts», souligne Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Oms pour l’Afri­que.
Selon les détails de cette étude, seuls «15 % des pays (soit 7 sur 47) mènent des efforts de prévention avec une couverture nationale de plus de 90 % de la dose de vaccin contre l’hépatite B à la naissance et de la vaccination pentavalente infantile», lit-on dans le communiqué. Or, l’administration de la vaccination contre l’hépatite B à la naissance et en bas âge est le moyen le plus efficace d’arrêter la transmission du virus, car 95% du fardeau des maladies chroniques sont dus aux infections chez les enfants, acquises avant leur cinquième anniversaire, y compris la transmission mère-enfant. Malgré le faible coût de la vaccination à la naissance, «moins de 0,20 dollar par enfant – seuls 11 pays de la région africaine suivent ce protocole», fait savoir l’Oms. Et l‘un de ces pays est le Cap-Vert, où le gouvernement a mobilisé des ressources financières et a atteint une couverture vaccinale de 99% à la naissance.
Outre ce progrès, l’étude a aussi révélé qu’il existe d’importantes lacunes dans le dépistage et le traitement de l’hépatite, avec notamment moins de 8 pays qui offrent des tests et des traitements subventionnés pour l’hépatite virale. C’est le cas de l’Ouganda qui, à en croire l’Oms, a lancé un traitement gratuit contre l’hépatite B à l’échelle nationale. Quant au Rwanda, il fournit un traitement gratuit pour l’hépatite B et l’hépatite C. «Ces deux pays se font les champions de la réponse régionale et sont sur la bonne voie pour atteindre les objectifs du Cadre 2020 en matière de dépistage et de sensibilisation communautaire», informe l’Oms.
En Ouganda où plus de 6 % de la population sont infectés, l’engagement de mettre fin à l’hépatite a été pris par la Société civile et grâce à une forte volonté politique, le pays est devenu l’une des premières nations africaines à financer une mobilisation nationale contre l’hépatite B.
En outre, l’analyse démontre que 28 pays ont élaboré un plan stratégique national de lutte contre l’hépatite virale. Cependant, note l’Oms, «la plupart sont encore à l’état de projet et 13 seulement ont été officiellement publiés et diffusés».
Ce classement sera présenté lors du premier Sommet africain sur l’hépatite qui se tiendra à Kampala, en Ouganda, du 18 au 20 juin. Il a été créé pour guider les Etats membres dans la mise en œuvre de la Stratégie mondiale du secteur de la santé concernant l’hépatite virale, qui prévoit l’élimination de l’hépatite d’ici 2030 (définie comme une réduction de 90 % des nouveaux cas et de 65 % des décès).
Pour l’Oms, mourir d’une hépatite virale en Afrique devient une plus grande menace que mourir du Sida, du paludisme ou de la tuberculose. Chaque année, plus de 200 000 personnes meurent en Afrique de complications liées aux hépatites virales B et C, dont la cirrhose et le cancer du foie.  60 millions de personnes dans la région Afrique de l’Oms vivaient avec une hépatite B chronique en 2015. Plus de 4,8 millions d’entre eux sont des enfants de moins de 5 ans. 10 autres millions sont infectés par l’hépatite C, probablement en raison de pratiques d’injection non sécuritaires dans les établissements de santé ou au sein des communautés.
ndieng@lequotidien.sn

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