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Les sages-femmes ne veulent plus être de simples prestataires qui rendent des services en santé de la reproduction. Elles veulent désormais accompagner les femmes et les familles dans les différentes étapes de leur vie et devenir de vraies partenaires pour la vie. «Nous voulons instaurer avec les femmes et les familles une relation presque fusionnelle dans les moments cruciaux avant et pendant la grossesse, durant l’accouchement et jusqu’à la ménopause.» Une manière pour les sages-femmes de contribuer à la réduction du taux de mortalité maternelle, car l’Association des sages-femmes d’Etat, qui a pris cet engagement, est d’avis que perdre la vie en la donnant est une injustice sociale.
Cet engagement de l’Asso­ciation nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal vient à son heure. Puisque de l’avis du gynécologue Demba Guirassy de la Division de la santé de la reproduction et de la survie de l’enfant, les sages-femmes doivent être en première ligne dans la lutte contre le taux encore élevé de mortalité maternelle qui est de 315 décès pour 100 mille naissances et 23 décès enfants pour mille naissances vivantes, selon les estimations du système des Nations unies.
La tâche ne sera pas de tout repos. Il faudra relever quelques défis au préalable. Pour ce faire, les sages-femmes veulent d’abord s’accorder sur le rôle qu’elles doivent jouer dans cette lutte. La Journée internationale de la sage-femme, célébrée cette année ce vendredi, servira de prétexte à ces femmes pour discuter de ce sujet. Ce sera aussi un prétexte pour elles d’interroger les déterminants de la mortalité maternelle. Comme les mutilations génitales féminines qui sont une cause de mortalité maternelle et de morbidité. D’ailleurs, les sages-femmes ont élaboré des fiches techniques pour la surveillance des décès maternels. Cette stratégie permet aux acteurs de documenter tous les cas de décès maternel, d’analyser les causes et de voir dans quelle mesure il faut apporter une réponse pertinente. «Pour la plupart, ces décès sont évitables, puisque liés à des dysfonctionnements (panne de machine ou non disponibilité d’une sage-femme entre autres exemples)», regrette Demba Guirassy.
Les sages-femmes envisagent aussi de sensibiliser leurs collègues sur l’épineux problème de l’accueil tant décrié par les patientes. «Notre formation met l’accent sur les soins. Et très souvent, le volet communication est reléguée au second plan», avoue Bigué Bâ Mbodj, présidente de l’association qui promet des actions en ce sens. La qualité de la formation des sages-femmes a été aussi évoquée. C’est une opportunité d’avoir plusieurs écoles de formation, mais de l’avis de la présidente, la tutelle doit observer un regard critique sur la qualité de cette formation. Heureusement, se réjouit Mme Mbodj, la profession de sage-femme dispose maintenant d’une loi avec la création de l’Ordre. «La mise en pratique effective de l’Ordre permettra de réglementer ces écoles et de veiller sur la qualité de la formation. Parce qu’il sera un organe de contrôle et de régulation, un outil qui permettra d’améliorer les services de santé de la reproduction», indique Mme Mbodj confiante.

Bigué Bâ Mbodj, présidente de l’Amicale des sages-femmes, sur la réouverture de la maternité de Le Dantec : «On prie pour que celle-ci se fasse durant mai»

L’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal a encore un fois fait le plaidoyer pour la réouverture de la maternité de l’hôpital Le Dantec. Pour sa présidente, c’est clair que la «fermeture de la maternité de l’hôpital Le Dantec a un impact négatif non seulement sur la qualité des soins en santé de la reproduction, mais aussi sur la qualité et la formation de tous les professionnels de santé aussi bien les gynécologues, les sages-femmes, les généralistes que les infirmiers. Et c’est pourquoi depuis des années, nous nous battons pour la réouverture de cette maternité. C’est une maternité-école qui a formé les sages-femmes, les gynécologues en Afrique noire et au Maghreb. On nous promet sa réouverture en juin, mais nous prions pour que celle-ci se fasse durant mai, déclaré Mois de la sage-femme», soutient-elle.

ndieng@lequotidien.sn

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