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Le Programme national de lutte contre la tuberculose (Pnt) s’inquiète des cas de tuberculose qui manquent à l’appel du traitement. Ils sont estimés à plus de 5 992 et plus de 700 chez les enfants. Ces personnes entretiennent la transmission de la maladie et, du coup, ralentissent les efforts du Pnt.

La tuberculose touche de plus en plus de personnes au Sénégal et même dans le monde. L’ampleur de la maladie se justifie par l’accroissement de la pauvreté, mais aussi les bouleversements, notamment l’avènement du Sida qui l’a relancée alors que les acteurs de la lutte avaient prédit sa fin vers les années «80». A cela, il faut ajouter le diabète qui, selon le pneumologue Alioune Niang, favorise la survenue de la tuberculose. La promiscuité, le recours tardif aux structures de santé ne facilitent en rien la lutte contre la pandémie. Rien qu’en 2017, le Programme national de lutte contre la tuberculose (Pnt) a reçu 13 mille 605 cas de malades de la tuberculose, toutes formes confondues, dont 10 mille 117 de forme contagieuse et 300 cas de tuberculose multi résistante. Six régions dont Dakar et Thiès, entre autres, se partagent la charge de la maladie avec 42% des cas rien que dans la région de Dakar.
Le défi de la lutte, ce sont les cas manquants, à en croire Marie Sarr Diouf, coordonnatrice du Pnt. Elle a estimé à 5 992 le nombre de cas de tuberculose non encore retrouvés. Chez les enfants, ce chiffre est évalué à plus de 700 cas, selon toujours les chiffres de la coordonnatrice. Un danger puisque ce sont «ces personnes qui entretiennent la transmission de la maladie et qui rendent difficile la réponse du programme», regrette Dr Diouf qui appelle les populations à se rendre dans les structures sanitaires dès l’apparition de certains symptômes comme une toux qui dépasse quinze jours. Au-delà de la sensibilisation, le Pnt a mis en place une nouvelle stratégie qui est mondiale d’ailleurs, appelée End Tb ou mettre fin à la tuberculose. L’échéance était en 2030, mais compte tenu du fait que les résultats escomptés n’ont pas été à la hauteur des attentes, elle est repoussée en 2035.
Aujourd’hui, le Pnt a changé d’approche en appuyant sur de nouveaux leviers. En plus de l’approche communautaire, il expérimente celle multisectorielle. Ainsi, 8 ministères, (Jeunes­se, Transport, Famille, Sport, Forces armées, Enseigne­ment supérieur Education nationale, Justice) intègrent la lutte. Ils ne sont pas les seuls, car les parlementaires, les hauts conseillers sont également invités à jouer un rôle de sensibilisation pour inciter l’autorité à prendre les bonnes décisions. Et c’est d’ailleurs l’objectif de cet atelier de sensibilisation. La coordonnatrice veut s’appuyer sur les parlementaires pour porter le combat, car pour elle il faut une stratégie plus audacieuse pour gagner la guerre. Elle veut que l’Etat alloue plus de fonds et élabore des stratégies plus pertinentes qui impliquent tout le monde.
Aujourd’hui, souligne la coordonnatrice du Pnt, il ne s’agit plus de stabiliser la maladie, mais de la réduire. L’objectif est de diminuer les 144 cas pour 100 mille habitants à moins de 10 pour 100 mille. «Ce ne sera pas facile. Nous ne perdons pas espoir, car de plus en plus les politiques contre la maladie s’améliorent», soutient Marie Sarr Diouf.
ndieng@lequotidien.sn

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